La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.
Extrait du Chapitre IV : Rousseau la paix la vie
Maxime Nemo : Biographie d'un passeur des Lettres
de Patrick CHEVREL ( Librinova 2021) pp.155-156
Association Jean Jacques Rousseau
Pour revenir à l'immédiat après guerre il faut ouvrir la grande parenthèse sur Rousseau qui va hanter Maxime Nemo depuis qu'il s'est mis en tête de créer la Société Jean Jacques Rousseau et ce, depuis la rue Jean Jacques Rousseau justement où il habite à Montmorency depuis 1945. Il va falloir redoubler d'énergie et Nemo n'en manque pas, on l'a vu avec « I'llôt ». Il va rassembler tous les esprits de son temps et reconstituer son réseau d'amitiés pour constituer un Comité directeur afin de déposer les Statuts de ce qui sera d'abord «les Amis de Jean Jacques Rousseau » puis la « Société Jean Jacques Rousseau » enfin « l'Association Jean Jacques Rousseau » qui le restera jusqu'à sa mort en 1975, sans que personne en France n'ai songé à reprendre le flambeau puisque c'est la Société Jean Jacques Rousseau de Genève qui a accepté de recueillir ses archives, manuscrits, correspondance et qui a donné lieu à cette biographie.
Le Président Edouard Herriot et Maxime Nemo Secrétaire Général membres du Comité souhaitent adjoindre celui d'André Gide; sont déjà partants, MM André Billy Chroniqueur littéraire au Figaro, auteur des biographies de Diderot et Saint Beuve et Membre de l'Académie Goncourt depuis 1944, Pierre Descaves, écrivain et chroniqueur de radio français né à Paris le 1er janvier 1896 et mort le 23 août 1966. II est le fils de l'écrivain Lucien Descaves. Auteur, en 1936, d'un livre intitulé "Hitler" (chez Denoel et Steele), il fut à la Libération, l'un des accusateurs de Sacha Guitry, qui fut contraint à 60 jours d'emprisonnement et n'obtint qu'en 1947, un non-lieu de l'accusation mensongère d" "intelligence avec l'ennemi". En outre, Pierre Descaves sera administrateur général de la Comédie-Française de 1953 à 1959. Georges Duhamel Président de l'Alliance Française, critique musical au Figaro, il voue un véritable culte à Wagner (et cela n'est pas sans déplaire à Nemo), Duhamel a publié une Défense des Lettres en 1937 et signa de nombreux manifestes dans les années vingt aux côtés de Romain Rolland, Charles Vildrac (son beau frère), et Jean-Richard Bloch qui vient de mourir cette même année 1947.
Jean Guéhenno lui, est l'homme qui a abordé le drame moral de la « Jeunesse morte », de cette génération qui eut 20 ans en 1914 et parvint à l'âge d'homme sous le signe du carnage, de l'horreur et de la mort. Aucun témoin n'avait, jusque-là, dégagé son récit de guerre des anecdotes individuelles et du fait circonstanciel comme Guéhenno. Son Journal d'un Homme de Quarante Ans parut chez Grasset en 1934 et racontait qu'une histoire morale de la guerre et l'expérience est toujours transformée en conscience. Une correspondance des années 50 entre Guéhenno et Giono révélera que Guéhenno était peu enclin à s'engager de manière active dans cette Association dont il connaissait alors peu ou mal son instigateur même s'il accepta comme il l'avait promis de faire une conférence pour le Bicentenaire du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.(...)
NDLR : Je renvoie aux archives du Bicentenaire Rousseau à l'Abbaye de Royaumont;
Actes du Colloque de Royaumont publiés qui rassemblent les communications des intervenants dont Stéphane Hessel. Je n'ai pas trouvé les images correspondantes.