Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.

Publicité

Les Europes de Maxime Nemo

"Tout se passe comme si sur ce théâtre d’opérations intellectuelles la désillusion venait chaque fois d’un défaut de coïncidence entre les facteurs d’unification possible.

L’Europe de Claudel n’a que la foi, et une mémoire.

L’Europe de Valéry a un esprit, mais ni monnaie ni armée.

L’Europe de Drieu n’a qu’une armée, sans monnaie et sans esprit.

L’Europe de l’euro a une monnaie, mais pas de foi ni d’armée. Et fort peu d’esprit, ajouterons-nous.

Comme si à chaque tentative de composition européenne venait à manquer une pièce maîtresse.
Et si, par malheur, décomposition il devait y avoir, à l’avenir, une fois de plus, on peut penser que ce reflux resterait de facture typiquement européenne, dans la mesure où le petit cap de l’Asie ne peut échapper à sa nature archipélique, clairement reconnue, dans les années 30, par Elie Faure, avec son admirable exploration des peuples différents et complémentaires qui composent notre continent, dans son ouvrage génialement intitulé Découverte de l’archipel. L’éventuelle désagrégation de l’UE ne serait alors qu’un retour à la normale, la preuve que l’Europe, telle que l’histoire l’a faite, n’est pas un songe d’économiste, mais bien une réalité culturelle". 

ndlr: Il me prend à rêver d'une rencontre sur les réalités culturelles européennes entre un Régis Debray, un Alain Finkielkraut ou un Eric Zemmour face à Maxime NEMO (188-1975) celui qui fut le point de jonction de ces deux siècles et qui côtoya et échangea avec tous ces contemporains avant de traduire sa pensée dans le roman, la poésie, l'essai philosophique, les chroniques  sans oublier sa vaste correspondance européenne (justement) et son "Journal" commencé en 1931...Tout ce qu'il échangea avec Jouvet, Colette,Carco Duhamel, Adrienne Monnier, Jean Richard Bloch, Panait Israti, Mircea Eliade, Cioran… la radio de Jean Noël Jeanneney n'était pas là pour recueillir ses conférences sur Radio Paris ni la télévision d'alors. Je me souviens qu'Il écoutait la Tribune des Critiques avec Antoine Goléa et Jean Louis Bory, passait des heures sur un mouvement d'une symphonie de Brahms, ou de Beethoven, un quatuor de Schubert ou s'extasier sur le Sacre du printemps. Il dévorait chaque matin  le Monde qui lui était livré dans sa retraite en bord de Loire. C'est ce quotidien qu'a si bien saisi le jeune  journaliste d'alors, Claude Sérillon (futur conseiller du Prince) un jour de l'été 1972.Il me reste à glaner les bribes de la pensée du philosophe qui préférait se livrer à son jardinier sur Schopenhauer ou à un anonyme croisé dans les garrigues du haut pays que de s'épancher dans la Grande Librairie dont les palinodies de son animateur lui auraient fait  horreur. 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article