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La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.

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Les sources de la bibliothèque COPPETTI-BURLA de MONTEVIDEO

Les sources de la bibliothèque uruguayenne d' Ottorino COPPETTI-BURLA ( de 1918 à 1978 )

D'après le texte « Compagnons d'enfance » de la Union (rédigé par Coppeti lui même en 1968, nous savons désormais que notre apprenti bijoutier fréquenta très tôt dans les années 1914-1915, un soldeur de livres, la Casa Bertani, le fameux éditeur mécène de Montevideo ; là il achetait une infinité de livres, peu chers, qui furent le noyau de base de sa future Bibliothèque, qui déjà en 1918 à 1924 fut très importante à l'époque du fameux « Cenacle de la Union » ( plus de 3000 volumes).

« Chaque fois que je rentrais à la maison , j'entrais en cachette de mes parents, déjà couchés, avec un paquet de livres du soldeur ; j'ai ainsi accumulé mon patrimoine bibliographique. Après avoir acheté la Bijouterie, j'ai continué à aller à la  Librairie Bertani , mais sans savoir si les soldes continuaient à cette époque.... A partir de 1918, j'ai commencé à faire venir les livres d'Europe, d'Argentine etc... chaque fois plus abondamment. En peu d'années, en 6 ans, j'ai réussi à réunir 3000 livres bien que je ne nage pas dans l'abondance, économiquement parlant... »

.

De 1924 à 1942, il est nommé Consul d'Uruguay à Milan puis à Genève et c'est depuis l'Europe qu'il entre en contact avec les plus grandes librairies de l'Epoque :

Citons la Librairie Alexandre Jullien fondée en 1839, Bourg Defour 32 à Genève ,Livres anciens et modernes en 1938

Il demande le 25 mai 1931 au Dr José Scoseria 1861 – 1946 de lui faire connaître les librairies de livres anciens à Paris .

On trouve des correspondances avec la Librairie Slatkine et fils (tant à Genève qu'à Paris) la librairie E.Rossignol, 8 rue Bonaparte Paris 6è

« J'ai également tout le reste de ma vie, augmenté à un tel point la Bibliothèque, que présentement, en 1968, je possède plus de 10 000 livres et une quantité de revues, opuscules etc....ce qui est peu, si on tient compte également que je n'ai jamais été riche, je n'ai jamais disposé d'argent sinon pour vivre à peine décemment., et cependant les faibles économies, ont toujours été destinées aux livres. Personne ne m'a offert des livres, sinon à des exceptions rares ; tout fut amoncelé à force d'achats personnels »

Parmi sa vaste et riche correspondance disponible à la Casa Giro et Casa Lavalleja dépendant toutes deux du Museo Historico Nacional de Montevideo, on peut relever les échanges du collectionneur avec les librairies argentines de l'époque en 1969 : Brujula, Tomas Pardo, del Plata, libreria antic Hellmann Ameghino, Antic El Retiro, Orleans , Fernandez Blanco,Arturo Sardu, Fray Mocho, Juvenilia, l'Amateur,etc...

Alors qu'il est Consul d'Uruguay à Mercedes en 1955-56, Il sollicite aussi pour son fonds JJ Rousseau, l'Alliance française de Montevideo (8/01/1969) et Leonidas de Vedia de l'Académie argentine des Lettres (15/07/1968) Le professeur Roger Labrousse de l'Université de Tucumàn en 1955. Aucune réponse...

(Ndlr: .50 ans plus tard, les Services Culturels de l'Ambassade n'ont pas jugé bon de répondre à mes courriers sur ce Fonds culturel, unique témoin d'une époque où la France, l'Italie, la Suisse et l'Uruguay étaient intimement liés par une bohème artistique et littéraire entre Paris, Milan, Genève et Montevideo.) 

Carlos Alberto Erro, président de La Sociedad Argentina de Escritores Calle Mexico 524 à Buenos Aires.

Il approche la Modern Philology Review de Chicago, et le professeur J.Reassoel de l'Université d'Austin au Texas Department of Romance Languages.

En Italie en 1964, la Librairie Editrice Fernando Vallerini de Pise, Luigi Finzi à Milan et la Casa Editrice Nicola Ugo Gallo à Bologne ou la revue « Il Mulino » de Bologne à travers Egr.Sig. Nicola Mateucci.

La Casa editrice Sansoni antiquariato de Florence Viale Mazzini 46 le 17/01/1963.

C'est en 1968 qu'il se rapproche de l'Association JJ Rousseau de Paris et échangera jusqu'en 1975 avec Maxime Nemo dont il deviendra un ami fidèle. Il reçoit les publications et articles lors du Bicentenaire et 250è anniversaire de la mort de Rousseau. A la mort de son secrétaire général et animateur principal, Ottorino se tourne alors vers la Société JJ Rousseau de Genève dont il est membre depuis 1920, et entretient alors une riche correspondance avec Charles Wirz et surtout Anne Marie Schmutz-Pfister au point en 1966, de devenir membre à vie de cette société, et ce, jusqu'à sa mort en 1978 .

On peut suivre la trace des envois de livres et relevés détaillés de la bibliothèque Rousseau de Coppetti-Burla qui s'interroge sur son devenir. Il demande aussi le 6 décembre 1956 à Paul Chaix, secrétaire de la Bibliothèque publique et universitaire de Genève, promenade des Bastions, la valeur de certains de ses originaux et portraits du philosophe,comparativement aux versions genevoises ;

Par ailleurs Coppetti Burla informe la Société, des traductions en espagnol ; des œuvres de Rousseau de 1912 à 1959, en sa possession.

Faut-il rappeler qu'il y avait à la Bibliothèque Nationale d'Uruguay 35 ouvrages de Rousseau et à la Bibliothèque Nationale d'Argentine 115 sans commune mesure avec la bibliothèque privée d'Ottorino Coppetti qui en comporte 2000 « de » ou « sur » Jean Jacques Rousseau.

Le leg du fonds Ottorino Coppetti-Burla s'effectue en plusieurs donations de la part des héritiers à savoir 85 pièces par Arq.José Alberto Coppetti en 1981, aujourd'hui répartis sur 3 sites: Lavalleja, Giro (mhn LAV 54321)

Antonio D Plàcido a bien voulu consacrer un article à cette collection unique, et bien sûr la "Nacion" de Buenos Aires dans son article détaillé du 3 juillet 1966.

J'ai pu consulter l'une des pièces les plus inestimables au Musée Historique National grâce à l'aimable appui et aide de son directeur Mag. Andres Aspiroz Perera, il s'agit de la première traduction du « Contrat Social » , un document que l'on croyait perdu pendant un siècle et demi et qui avait mobilisé des chercheurs célèbres dont l'espagnol Marcelino Menendez y Pelallo. La seconde traduction publiée à Londres en 1799 était entre les mains du bibliophile et historien américain J.Reassoel (ou J Rea Spel) de l'Université d'Austin. Le Dr Ricardo Levenne fait état de cette recherche du premier manuscrit en castillan dans sa réimpression du Contrat Social publié en 1810 par Mariano Moreno, qui dirigera en 1958 les Editions Perrot de Buenos Aires. Jusqu'à ce que l'oeil perspicace d'Ottorino Coppetti la découvre dans une librairie de livres anciens à Madrid. Il s'agit un manuscrit réalisé en 1793 en pleine révolution française alors que les têtes tombaient sous la guillotine .

Sa passion pour le philosophe genevois date de ses 16 ans, quand il le découvre et immédiatement il écrit : «  il a touché mes fibres les plus intimes, pour devenir mon guide spirituel, et un irremplaçable Mentor pour le reste de ma vie. » Et il poursuit : « c'est l'auteur universellement le plus lu, le plus apprécié et le plus discuté de toute une époque, à l'exception de Jésus Christ. »

Coppetti avait promis de léguer sa « Bibliothèque Rousseau » (2000 volumes) à la Bibliothèque Nationale d'Uruguay . Ma conversation avec sa Directrice n'a pas permis de la localiser puisque celle-ci avait déjà rejoint le reste de sa collection dans le Musée Historique de la Ville au fur et à mesure des donations à son Directeur de l'époque Pr. Juan Pivel Devoto.

 

Patrick CHEVREL  

Biographe de Maxime Nemo (1888-1975) , Association JJ Rousseau

 

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