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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 21:37

8 OCTOBRE 1851

Du mariage de Giuseppe COPPETTI musicien et compositeur avec Antonieta Burla naîtront quatre enfants : Itala, Ofelia,- la seule fille- Mario – qui poursuivra une grande carrière d'ingénieur, le futur docteur Adolfo, et Ottorino, mécène du « Cénacle de la Union ».

La terre mythique pour une famille militante italienne, n'a cessé d'être Domodossola. Pour Ottorino spécialement, il s'agissait de trouver les forces d'une obsession, lieu où il a lu et classifié une énorme documentation, et celui qui très tôt avait un dette qu'il devait solder en vivant ici une partie de sa vie. Plus tard, il participera respectivement aux activités de la Société Récréative Ossolana, maison d'entraide de la communauté italienne.

A la première décade du siècle, alors que ses parents vivaient dans la maison de la rue Requena, Ottorino qui se destinait à suivre une carrière universitaire, la passa à vivre invité par ses oncles, dans une belle maison de 2 étages à l'intersection des rue du 8 octobre et Larravide, en plein coeur de la Union. La bijouterie des Coppetti occupait le 1er étage , les autres étages de la maison sont habités par l'anphitrion de la tertulia , qui à des heures indues, développait ses timides premiers pas comme commerçant

Une des photos les plus anciennes , retrace ( des voitures passant sur les pavés avec des petits chapeaux posés sur le toit) la bijouterie était déjà installée. Au verso, de belles lettres, à la calligraphie exhortent : «  Casa Burla all' Unione de Montevideo  1889»

Dans les étages de la maison, et parallèlement à ses activités de commerçant , Coppetti commencera à préfigurer ce qui sera une des bibliothèques les plus formidables de l'époque, arrivant a atteindre 14000 volumes dans les plus rares et insolites disciplines.

 

AVALANCHE ICONOGRAPIQUE

La maison Burla, lieu où plus tard allaient se dérouler les cénacles rituels, fut aussi spéciale que ses habitants. Diverses, photos, dans des recoins distincts, et des angles différents, illustrent l'esprit très singulier de la maison. Ceux qui fréquentaient le rez de chaussée, se souviennent d'un Ottorino parodiant l'aspect d'un commerçant prolixe du début du siècle, posant avec un geste sobre entre l'envahissante galerie des montres, pièces métalliques et autres objets de classification difficile.

C' est à peine le préambule, la façade quotidienne de ce qu'il gardait plus haut dans les escaliers.

 

Très dans la ligne des dandys fin de siècle, en général ses photos démontrent le goût excentrique pour le déguisement et la parodie, quelque chose comme une recherche scénographie esthétique, qui envahissait chaque recoin des pièces patiemment décoré . Tout un effet de simulacre, où le moindre espace constituait un espace scénique, un espace avec un nom et une anecdote propre.

C'est une maison dans un quartier très fin de siècle : le désordre organisé d'objects de collection différait très peu des cambalaches de Tristan Narvaja. ,Collectionneur, archiviste, documentariste, et grand scénographe, Ottorino Coppetti dessine chacun des endroits de sa maison, et dans cette passion que les photos révèlent une vrai avalanche iconographique, syncrétique, baroque, abarrotada.

Le pastiche et le collage sont deux éléments inévitables dans la définition de ses espaces.

Le pseudo commerçant et plus tard mécène de Moriapolis avait pour les photos un orgueil pour les chaos des siècles, cultures et lieux : proche de sa Numismatique, cette fois, la collection de timbres, finalement quelques sculptures, ou peintures, ou inexplicables raretés...

 

Il fut un grand collectionneur , mais surtout un exquis documentariste et un bibliophile né. Chacun de ses livres estampillé , sa bibliothèque contenait une infinité de caisses, classées selon un ordre thématique, qu'il a organisé pour réunir une formidable quantité de coupures de presse.

Parmi ses passions les plus curieuses se détachent les pingouins ( oui les pingouins) : pour Ottorino les plus adorables créatures de la création. Avec le temps, il est parvenu à réunir une collection des plus variées de formats et de matériaux ( en céramique, bois etc...) Il y a aussi ses «  Giochi a sorpresa » ; jeux d'esprit inventés par lui même, classés en fines pièces de métal. Curieux résultat aussi dans une de ses uniques oeuvres éditée : Comment joue-t-on au basket uruguayen ? , signé Tipeco (Copeti à l'envers)

La vie était source de tourments constants pour le mécène. La preuve en est , son plus attractif carnet de notes - il en avait beaucoup sur beaucoup de thèmes – Il s'intitulait «  Voyages de par le monde » Avec le tour au monde A pied, par mer et par les airs. Le prologue annonce : L'objet de ces notes, c'est est de signaler des itinéraires de voyages qui pourraient tous très bien se réaliser en l'espace de plusieurs années, sous différentes formes possibles. Tous sont podisticos, c'est à dire qu'il peuvent ^tre réalisés, selon qu'ils sont indiqués sur les cartes, sans aucun autre moyen de locomotion que ses propres pieds. Il y a certains voyages qui peuvent aussi se faire par mer, et un autre en avion, ou un autre moyen de locomotion aérienne, et cela selon le choix de l'intrépide qui se risquera à le réaliser. »

Dès la première page, Ottorino remplit des pages et des pages avec des localités qui une à une devront être parcourues durant le voyage ( Uruguay, Mdeo -Colon – La Paz – Toledo Suarez- Pando – Mosquitos... et ainsi jusqu'à Genève.) Le carnet comporte en plus un appendice de de coupures de presse faisant allusion aux plus incroyables trouvailles des voyageurs – à pied, en ballon, à bicyclette.

 

ROUSSEAULATRE ET MAGE

Un article de 1966 du journal argentin La Nacion consacre un article à « la Bibliothèque Rousseau de Coppetti-Burla : «  La Bibliothèque Copetti-Burla compte plus de 13000 livres et des centaines de revues, livrets, gravures et dessins qui pour la plupart suivent la même orientation thématique bibliographique.

Mais s'il réunit les nouvelles éditions françaises et italiennes, de différents genres et révèlent les préférences de son possesseur pour la linguistique d'origine latine (y dominent divers dialectes français, et plus de 25 italiens) , la paléontologie et l'architecture, son importance radicale dans le contexte intégré par plus de 2000 éditions des oeuvres de Jean Jacques Rousseau et études réalisées par le dit philosophe. »

 

Ainsi comme le poète Fernando Pereda , un autre des participants des tertulias du Cénacle, il collectionnait des films, une cinémathèque excentrique qu'il affectionnait et actualisait toute sa vie durant, Coppetti élabora une des bibliothèques les plus riches de son temps. Quand en 1924, il vit que son grand rêve était réalisé, il se rendit en Italie – il travaillera au Consulat de Genève jusqu'en 1942 – il complétera sa bibliothèque Rousseau allant jusqu'à posséder des éditions originales ; diverses : «  Principe et autres considérations rares, comme la première traduction en espagnol manuscrite du Contrat Social.

POSTDATA N°103 pp.71-72 (Juillet 1996)  Traduction de l'espagnol : Patrick Chevrel

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