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La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.

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Journal inédit de Maxime Nemo -Alternance humaine - 15 septembre 1930

Transcription of the journal pages (Suite du Journal de Maxime Nemo, 17 septembre 1930)

Page 12 (suite, sans numéro visible en haut, continuation directe)
à l’homme à se méfier de la nature elle-même que ce soit sur le plan individuel, physique et sur le plan collectif ou intellectuel. Mais les mouvements qui le guident sont plus rapides que ceux qui animent les valeurs, d’où ces explosions comme une conséquence des dispositions d’états sociaux et religieux créés par lui et également détruits par lui. Il touche ici l’extrême pointe de la sensibilité universelle, comme un état de paroxysme. De là, ces révolutions dans l’organisation qu’il avait établie. C’est de l’intérieur même du corps social que naît la menace lorsqu’un sentiment de doute attaque sa vigueur. L’élément n’est jamais que le produit visible dont l’esprit élémentaire s’accumule. La force du Barbare se traînait dans le domaine de l’utile, dans le pressentiment qu’il avait de sa fin, le désarroi qui devait naître en lui lorsqu’il pensait à son utilité terrestre. Délivrance de l’esprit s’opposait au profit d’un autre état d’esprit. Regards de l’individu n’y voit plus vers son utilisation sociale, mais le projet spirituel qu’il pourra extraire de son expérience humaine. L’homme désarmé par le réel, tel me paraît être celui qui en nomme l’idéal. Et il parvient à cet état parce que le lien entre sa nature intérieure et les conditions du réel au lieu de créer le sentiment de puissance d’où naît l’énergie collective, ce lien se détend, se dénoue et finit par transformer en une qualité causée par l’hostilité que le contact a déterminée. Détaché de l’ensemble, l’individu est seul et jusque dans le désespoir qui peut naître, il est heureux de sa solitude. C’est alors que naît une religion, si les principes en ont été préalablement établis, car, rendus à l’isolement, le sens du mysticisme augmente dans l’individu le sens de la personnalité. Sa pensée a tendance à travers de nouvelles formules. Le social autrui est distant par cette nouvelle irréalité, un être renouvelé naît à la face du monde : chrétien, protestant, romantique

Page 13
Aucune face nouvelle de l’humain ne saurait être sans le désenchantement préalable qui fait dire à Senancour (Oberman, 7e rêverie) « je ne souffre nait du product vainement admiré de ces fils de l’échec ». Tout ce qui a été lui paraît inutile. Il n’y a plus pour une nouvelle espérance. Elle donne naissance à deux formes du romantisme, cette espérance, le désenchantement, l’une, réforme de construction qui trouvera sa répercussion dans le domaine social et politique, l’autre, désolé de son impuissance, retourne vers un monde primordial. N’ayant plus la vigueur qui justifiait l’audace, on s’abandonne à la vision de félicité que son imagination lui prouve. Elle est d’une profonde détresse des hommes que elle le fuit et ne se plaît que dans un ciel imaginaire. Et cependant, chose curieuse, non seulement le point de départ est le même chez les deux extrêmes du romantisme, mais leurs conclusions sont identiques, car ils aboutissent l’un et l’autre à la vision d’un monde délivré des conditions qui l’oppressent.
Dans toute jeunesse qui aspire à jouer un rôle élevé parmi les hommes, il faut compter comme (vraiment civilisation) (comme indument) celles qui se rattachent à la hiérarchie des principes, des idées et des faits. La méthode scientifique partant de la connaissance par conscience de l’expérience est mieux propre à former le caractère que la discipline dite idéologique. C’est que les termes se renversent selon la position choisie. La doctrine qui explique le monde part d’un fait choisi par définition, admis par principe. Le fait scientifique en se rendant parvenu à la vérité par l’observation se refuse d’accepter 1° que tout champ d’expérience soit un phénomène limité par rapport au monde et 2° se limiter encore ce champ pour atteindre le certain. L’idéal est de plus en plus dans l’explication du monde et ne peut, finalement, manquer d’être rendu à cette attitude de l’esprit qui voit en tout la positivité universelle et ne peut, selon la doctrine scientifiste, parvenir qu'a en
expliquer la partie la plus sérieuse. Si l’esprit en question porte de plus en plus l’inquiétude de l’univers, il ne peut encore manquer de désirer posséder une certitude avant sa mort. La science accepte qu’elle ne peut la lui donner puisqu’il lui est impossible d’atteindre plus loin par la constatation. De là, le conflit devient plus tragique pour l’être actuel à pleine conscience de quelques réalités mais auquel l’essentiel échappe. (18/8.29)
Commençons par le « fini », très bien ! mais s’arrête-t-il ? Il y a une réalité des objets que nous nommons la Science, mais il y a une autre réalité : la réalité des principes. La Science ne pouvant dépasser le connu, comment expliquer que la Science et la 1re font foi ?
On ne sait jamais si ce que l’on « comprend » est vrai ou mauvais. Il suffit de aimer ce que l’on fait. Quelle sera l’orientation dernière de l’esprit de mon esprit ? Je ne le sais, mais je suis certain de ne pas me tromper en affirmant que j’ai le désir de m’exprimer au mieux ma nature et les possibilités non seulement du connu mais, dans un certain domaine, à l’intelligible.
Est-ce que la représentation de l’homme est totale en effet si elle ne réalise pas la jonction de cet homme avec le sensible. Est-ce que le plus important de l’aspect humain n’est pas pris dans cette tragique fécondité de l’inconnu.
15 7bre 1930

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