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La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.

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Journal ibedit de Maxime Nemo date6 de 1928

**Suite de la transcription du Journal de Maxime Nemo (1928)**

**Page 7 (suite et fin de « Connais-toi toi-même » – 4 juillet 1928)**  
*(même texte que précédemment, légèrement mieux lisible ici)*

« Connais-toi toi-même » – 4 juillet 1928.  
J’ai aujourd’hui 40 ans. Est-il possible de faire une  
analyse parfaite de soi-même ? (parfaite parce qu’objective,  car, tout de même, qui se connaît mieux que celui qui se  scrute ?). Je tenterai cet effort et je ferai tout ce qu’il  est possible à un homme de faire pour parvenir à la  plus rude et la totale franchise. Je n’ai l’intention  ni de plaisanter, ni d’exalter, mais d’exposer. Je dirai donc  ce que je crois être la vérité concernant ma nature.  
Je suis né imperfectif. Ma nature physique est en même  temps froide et ardente. J’ai le cœur (vu sous l’aspect  sentimental) froid, sec et dur et je suis cependant  capable de tendresse désespérée. Je pense depuis quelque  temps que le fond des êtres est sec et dur, mais que le  sentiment compte de l’état de leur nature, qui sont  les plus susceptibles de tendresse et même de dévouement  jusqu’au bout ; je finis bien engagé car je ne suis pas tenu par  l’idée d’abnégation pure, chez moi, dominer, servir  permanent, le fond de ma nature reprend le dessus  impérieusement. Suis-je capable d’un grand senti-  ment ? oui mais seulement pour un idéal. En  
somme, s’il est exact que nous vivons plusieurs exis- tences et que chaque nouveau pas nous élève vers la  perfection ou ce qui, pour nous en est bien, c’est  à dire la vie spirituelle, je suis dans un centre de  
mon évolution : la chair ne me tient plus pour  
faire de moi une passionnée, et cependant elle me  prend encore dans son empire car je suis poly-  
valent, mais le mouvement part, je regarde d’un  
œil froid l’émotion sur la rapidité à laquelle elle  
me [prend]. J’en sortirai peut-être. Je me vaillerai même  sans panique me détacher de sa puissance momen-  tanée. Je suis donc au centre de l’évolution, c’est à dire au moment où le cauchemar dans le même  être les deux états : physique, spirituel, sans que  l’un des deux domine l’autre. Il se peut que cet  état fasse la cause des attitudes qui me sont propres  moi-même et qui font qu’après un grand élan de tendresse  ou d’affection dans une direction possible de ma  détacher, je me trouve dans indifférent, froid et même  hostile, dans ce que j’appelle une certaine forme d’égoïsme  cathédrale. Il est possible aussi que, pour l’amour  du moins, la insatisfaction de ma jeunesse soit  la cause de ma curiosité permanente. Sexuel mais  approximativement rêvé, je me suis formé de la femme une image chimérique que la réalité ne pouvait  atteindre. La forme du désir était avant tout une  finalité. De plus, ma vie errante, de pauvre hère ne me  permettait pas d’atteindre nos « princesse » ; j’ai vécu  dans le plaisir personnel et le véritable « idéal » pour  les répétitions de la même chose. J’ai gardé longtemps  ces habitudes, je les ai passionnément aimées,  
il n’est pas sûr que dans mes « aventures » on ne tait  pas la période « préparation » qui me fasse le plus de  joie. Mais comme la vie m’a plié, comme j’ai acquis  de lucidité pour comprendre l’égoïsme de tous, ces  émois sentimentaux, le réflexe un jour se produit, le vieil ironiste reparaît et… ironise. Je suis un céré-  bral avant tout, dans une certaine mesure un sey  [?] épris d’élégance qui doit dans l’amour une  sorte d’élégance de tenir à la chair une « voix de  tête ». Plus primitif, j’aurais été l’amant roman-  
tique, mais je serais « niais ».

**Page suivante (sans numéro visible – continuation immédiate)**qui il est le proie de grands succès depuis presque  toujours, et aussi parce qu’il sent que de grands talents  sont ailleurs – et dont l’ambition au moins est  un nid – de satisfaire de créer une œuvre qui soit une  œuvre de la vie dit-il. Je ne me distancie pas non  plus d’une certaine attitude pour arriver de distance  tout pour autrui. Je crois que nous sommes nombreux ainsi, mais alors que je ne motive pas mon  cynisme en ces mots – parce que je ne crois pas au  danger de l’amour – d’autres portent un masque.  
Je voudrais au moins ne l’être de celui-là. Le  
monde des conversations est autre nid à nids ;  
ni obliger à dissimuler les bilans de mon « moi »,  
je le fais, certes, à fin d’éviter certains que je le  
peut, de la peine à autrui mais, je n’en suis  
pas moins persuadé que tout ici bas est con-  
ditionné par la puissance du « je » (j’ignore, donc  
je suis) et qu’il est peut être nécessaire qu’il en soit  ainsi. La vie absorbe. On ne peut être qu’un écran  
plus ou moins de plus faibles. Cela est très vrai si la  vie est un échange permanent (ce que je crois) et  que la mort n’est qu’une apparence, le passage à un  autre. Si la mort est la fin de la progression de  la vie, la vie trébuche – il y a tout de même  
une monstruosité. Le double peut être est que  
je ne crois à rien ou que ce à quoi je crois dissimule  à croire ne s’allonge pas. J’en suis arrivé à dire qu’il faut faire la part des gens, que le mieux est de les laisser et que nous perdons notre temps à propager un  instinct qui libère au détriment des autres qui  
la mieux peut être plus calme. Je ne m’oublie pas  
ici, je cherche à m’expliquer un peu mon propre  
mystère, bien que je ne sois pas certain de pouvoir le faire.

**Page 10 – 12 septembre 1928**

12 Sept. 1928. – Il ne s’agit pas de savoir ce que je deviendrai  mais de ce que doit être la vie telle que ma conscience la  prévoit.

Les moralistes « purs » qui font un peu des thèses semblables à  celles de J. Benda dans *La Trahison des clercs* reprochent  sans citer la parole que Nietzsche adressait aux poètes :  
« Poète, éloigne-toi de la place publique » voulant ainsi indiquer  que le progrès de la perfection consiste au plan individuel et  que l’individu qui a atteint la perfection, ou s’en est approché, doit au moins, au moins dédaigner le collectif.  Pourtant, cela est inique. Et c’est n’avoir de l’être humain  qu’une notion bien imparfaite que de s’en obtenir en  effet si le but de l’existence est consommée. Cette perfection  si elle était elle plus plutôt le résultat d’un divin défaut  qui est le consentement de soi-même.  

Non ! rien n’est achevé pour l’homme tant que l’en-  semble des conditions sociales et humaines n’a pas atteint  le cercle qu’il se propose d’atteindre lui-même et cette abs- traction ne doit être que la conséquence d’une certaine léthargie  de cœur ou d’esprit – et peut être – et sans doute, de  doute à la foi.  

Peut-on nier que le collectif soit susceptible de progresser vers  un peu moins d’égoïsme ? Je ne pense pas. Dès lors, le devoir le  plus impérieux de celui qui croit avoir trouvé la vérité n’est-  il pas d’en faire part au prochain et de se contenter toute  de le persuader ? Benda se connaît par les moyens de tous  adversaires – mais alors ? ce fut bien dans l’empire des in-  fluences morales que l’évolution s’est faite. Et d’un  paradoxe d’honneur à celui-là, c’est une faculté d’a-  **Page 11** La fin du côté de J. Benda. Mais  qu’est-ce qui est éternel ? Le divin « éternel » n’est-il  pas mort à cause précisément de son inaccessibilité – n’est-ce pas un bon Dieu, une éternité de parler d’éternité à des éphémères ? Le fil sans doute : que tantôt  nous que nous passe sous activité de fourmi mortel  pas, ma pensée parce que dans l’incommensurable  ne nous voit pas. Mais alors – nouveaux singes  que nous importent à nous des preuves passées  qui ne nous concernent pas. La lutte éternelle,  je savais que n’est-ce pas utile que l’homme  livre avec d’eux. Une éternité qui ne concerne  
pas la nôtre : physique, matérielle et mor-  
tale – ne nous concerne pas en tant qu’indi-  
vidus. Nous abandonnons l’éternel à son  
splendide isolement et nous vivons dans  
le nôtre. Et j’aurais étendu le pouvoir de  
nos sens, s’il fallait que nous continuions  
vivons avec lui..

 

**Alternance humaine –** Daté du 17-10.1928

L’homme ne peut changer. Lié à un tout qui le conditionne, il restera  à évaluer hors de ces conditions dans l’évolution tant à peu près insensible. Il est fixé à une apparence de la nature, ou ainsi qu’elle, il est jailli du chaos, ainsi qu’elle, il a connu une période d’agitation  profonde, il est comme elle travaillé par des forces internes, et  comme elle encore, il n’obtient satisfaction que parvenu à un  degré de stabilité qui, dans la nature se traduit par l’ordonnance des lignes, et dans l’humanité par la cristallisation d’une pensée. L’activité intellectuelle autour d’un ensemble de principes, pour un temps, stabilise cette activité et annonce une  civilisation. De là naît un ordre social – c’est à dire une  société et un fait d’ordre humain qui pour un temps condi-  

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**Notes*m de l'IA Grok*  
- L’écriture reste dense et parfois difficile (surtout les fins de lignes et les mots raturés).  
- Les pages 7-8 forment la suite directe de l’auto-analyse du 4 juillet 1928.  
- La page du 12 septembre 1928 engage une réflexion sur Julien Benda (*La Trahison des clercs*) et la tension entre perfection individuelle et devoir collectif.  
- La page 11 continue cette discussion puis ouvre la section « Alternance humaine ».

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