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La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.

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Oubliez les philosophes

"J'estime un philosophe dans la mesure où il est en état de donner un exemple...Cet exemple doit être donné par la vie visible et non pas seulement par les livres; il doit donc être donné, comme l'enseignaient les philosophes de la Grèce, par l'expression du visage, l'attitude, le vêtement, le régime alimentaire, les mœurs , plus encore que par ses paroles et surtout que par l'écriture." (Nietzsche)
Ce philosophe là, je l'ai rencontré au moment même où je découvrais la philosophie, et j'ai eu beaucoup de chance: loin de me suggérer par son enseignement,que philosopher consistait à se perdre et à se plaire dans les abstractions sans aucun rapport avec l'existence (la sienne, celle des autres) ou toujours en prise sur les réalités de la vie , et d'une réflexion qui ne faisait qu'un avec cette vie.
( ce qui n'est guère mieux ) à cohabiter avec un ou deux auteurs qu'on passe son temps à disséquer, il m'a donné l'exemple d'une réflexion.
Alors que, si souvent, le philosophe cache l'homme et que sa pensée semble totalement déconnectée de sa personne ( des autres profs que j'ai connus , en hypokhâgne, en khâgne, à la Sorbonne, je n'ai jamais entrevu les hommes qu'ils étaient, ni si leurs discours reflétaient  et orientaient leurs choix,de vie), Pierre Viali m'est apparu comme un homme "total" en qui existence et pensée ne faisaient qu'un. Qui philosophait comme il vivait- sans cette prétention, ce maniérisme (d'attitude, de langage) si répandus chez les intellectuels parisiens- et qui vivait comme il philosophait , avec la même simplicité, la même modestie, à mille lieues des honneurs que tant d'autres recherchent . Il fut pour moi un exemple et un modèle.
Oui, j'ai eu beaucoup de chance. Et je m'en rends encore mieux compte aujourd'hui, quand j'observe ce que philosopher signifie pour beaucoup, qu'ils soient amateurs, agrégés ou docteurs.
Il semble que la réflexion chez la plupart , se soit complètement dissociée de la vie, qu'elle ait sa fin en elle même, qu'elle cherche davantage à s'imposer ( et en imposer) par sa complexité et son obscurité que par son exigence de vérité et de clarté ( moins c'est compréhensible , plus c'est un pur jeu verbal, et plus cela paraît profond: cf. le succès d'un Lacan ou d'un Derrida).
Passe temps mondain pour les uns ( qui, le dimanche, vont au "café" comme autrefois on allait à l'église), supplément d'âme pour d'autres (quelle entreprise ne souhaite se donner une figure humaine - et faire oublier ses véritables objectifs - en invitant un philosophe ?), source de revenus ou refuge contre le monde ( pour ceux qui s'enferment dans la spéculation "pure" comme dans un couvent) , la philosophie n'est plus, pour la majorité de ceux qui s'y adonnent une certaine façon de penser et de vivre sa vie.
A quel verbiage elle peut conduire quand elle se détache de l'existence concrète et se perd en jeux conceptuels, les cafés philo en sont une illustration. Comme ils suggèrent qu'au sommet, chez les philosophes en titre, on n'est pas toujours à l'abri, loin de là, du verbalisme - "de l'erreur, de la fausseté radicale et du non sens"(J.Bouveresse - Faut-il brûler les nouveaux Philosophes -NEO-1978)

Extrait de:  Oubliez les philosophes de Maurice T. Maschino  ( Editions Complexe 2001 )

"Je crois toujours après Nietzsche , qu'une écriture, une pensée, une vision du monde relèvent de l'autobiographie, de la confession de son auteur."( Michel ONFRAY )

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