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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:25

CONCLUSION

 

« II faudrait au fond trois vies la première pour étudier, la deuxième pour jouir, et la dernière pour contempler. Ne me demande pas à quel stade j'en suis. L'effroyable est que je sais n'avoir qu'une vie. Alors je mêle tout. Quel gachis! »

Raphaël Lévy, héros du roman : Un Dieu sous le Tunnel (M. Nemo- Rieder Editeur -1927)

 

Après ce voyage dans le temps entre XIXè et XXè siècle sur les pas d’un inconnu pour beaucoup, sans doute faudrait-il relire les témoignages et remerciements de celles et ceux qui ont eu la chance de croiser un homme exceptionnellement ouvert à l’Autre, profondément humain et désireux de faire partager une expérience acquise et une passion immodérée pour les cultures dans un monde doux et amer pour paraphraser Suares. Tous ces témoins célèbres, inconnus  ou anonymes parfois, étudiants, enseignants, écrivains, poètes, journalistes,  sont venus témoigner de leur rencontre qui avec « l ’enfant prodige » qui avec le conférencier qui avec le philosophe de la cause rousseauiste et ont fait part de ce moment privilégié qu’ils ont eu de croiser la parole d’un grand humaniste.

Sans vouloir trahir les leurs, je voudrais ici répercuter l’unanime hommage à l’émotion et à l’enthousiasme de l’apôtre de ces manifestations artistiques ou fêtes de l’esprit où l’on célébrait le beau. « Vous vous répandez en province et je vous en félicite : vous n’y trouverez pas des foules, mais de fervents adeptes. Tant d’âmes ardentes y vivent dans le gris quotidien qui voudraient se réchauffer au soleil de l’art. Venez à elles, faites vous connaître et vous serez étonnés d’être compris… presque aussi bien qu’à Paris. Je vous y aiderai de mon mieux » écrivait l’Inspecteur d’Académie  d’Aurillac le  9 mars 1920.

« Je me rappelle vos représentations et vos conférences d’Agen (Le cloître de Verhaeren, Othello, etc ?) Vous m’avez gagné alors à vos conception et je vous ai su un gré infini de seconder notre effort pour ouvrir les âmes de nos fils et de nos filles à des formes nouvelles du sentiment, du beau. Ici à Bordeaux soit au lycée de jeunes filles, soit à l’école normale d’institutrices, vous avez toujours été grandement goûté et vous y êtes toujours impatiemment attendu.

Votre roman « un dieu sous le tunnel » vous a révélé à moi sous un aspect nouveau, encore que dans votre manière large d’envisager les grands et solidaires problèmes de la paix et de la démocratie, j’aie reconnu cette âme généreuse qui ne croit pas cesser d’être française en s’élargissant par delà les contingences, les préjugés, et les délimitations arbitraires.

Maintenant, vous formez le projet de réunir autour de vous quelques esprits libres de tous pays pour assurer le salut de l’esprit européen. Je voudrais avoir la force de vous y aider ».

L’inspecteur d’Académie de la Gironde  O.Auriac  - Bordeaux le 10 février 1929

Parmi les quatre vingt lettres reçues par sa veuve en septembre 1975, difficile d’en choisir une de Lise Jules Romains à Emil Cioran ou  Claude Lévi Strauss, toutes célèbrent l’intelligence et le cœur du disparu évoquant une anecdote toujours émouvante.

« C’était un écrivain de talent, un homme de cœur, une manière d’apôtre. Je me souviens du temps où sa parole, toujours bien gouvernée et stimulante, enrichissait la réflexion de nos élèves-maîtres. Je me souviens de son enthousiasme pour la pensée de JJ Rousseau. De ses ferveurs, que ses œuvres originales, prolongent. » Pierre Menanteau le 20 septembre 1975.

La poétesse Denise Laborde, amie de toujours a écrit de Sceaux en 1975 :

 In memoriam

Vers quels chemins inconnus de nos pas

S’est-il éloigné

Lui

Le vivant entre tous les hommes

Avec ses yeux et ses paroles de lumière

Et nous ne pouvions croire à son départ

Et sans fin nos regards cherchaient

A retrouver sa trace

Sa présence impérissable au creux du monde

Et voici qu’elle nous était rendue

A la mesure de la terre bien aimée

Puisqu’elle vivait maintenant de son souffle

Que ses arbres et ses ciels

Palpitaient respiraient de sa propre vie

Multipliée à leur image

Et telle qu’il en avait pour jamais

Inspiré l’enchantement.

Denise LABORDE

 (Sceaux, septembre 1975 )

 

 

 Il y a aussi des mots qui touchent par leur sincérité, émanant, du jardinier, des métayers, de ses médecins, dentistes, de  voisins anonymes…

Yvonne Nemo répondit à Michel DANSEL qui venait de  consacrer un article à Maxime NEMO dans son ouvrage sur le Père Lachaise (1)

Monsieur,

J'ai pris connaissance, il y a quelques jours de l'article que vous avez consacré à notre ami, Maxime NEMO, dans votre ouvrage "Au Père Lachaise".

Je prends la liberté de vous remercier pour avoir si justement rappelé "le profond témoignage d'existence" qu'il apportait. Susceptible d'apprécier toutes les richesses de la nature et de faire partager ses émotions à ceux qui l'approchaient, il avait une vision  métaphysique de l'univers qui engageait ses interlocuteurs à franchir des étapes, guidés en cela par sa culture philosophique dont l'expression poétique facilitait l'approche.

Vous rappelez avec raison sa définition de la vie envisagée comme "une vibration continue".

Nul mieux que lui n'était apte à en percevoir les nuances les plus subtiles;

Yvonne NEMO

(1)   AU PERE LACHAISE, Son histoire, Ses secrets, Ses promenades, par Michel Dansel, chez Fayard, Paris 1973 -1976.

Aujourd’hui, les derniers témoins de cette formidable aventure ne sont plus, ni ceux des débuts au théâtre, ni ceux de la période aixoise, quelques rares témoins à Meyreuil au Château Simone, à Razac sur Lisle en Dordogne ou à Paris peuvent attester de sa personnalité  fantasque  au charme  irrésistible. Il reste sa voix conservée dans les archives de l’INA dans des documents de 1947 (mais ses conférences de 1937 n’ont pas été enregistrées). Les premiers clichés datent de 1898 disant l’Aiglon devant la Reine Victoria, ses rencontres avec Loti ou Sarah Bernhardt dorment hélas dans des archives et sans doute pour toujours.  

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Published by maximenemo
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