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La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.

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La Révolution texte inédit de Maxime Nemo

La Révolution.
Nous définirons simplement la Révolution. Elle est l’acte de la vie pensante de l’homme; elle est le siège de son intelligence active. Sans cette présence, la vie de l’homme ne s’explique pas, par elle, tout s’éclaire: l’homme est un être fatalement voué à la Révolution.
Elle est peu de chose! une lettre, une consonne ajoutée à la vie; dans cette consonne, toute la vie symbolique de l’homme est enfermée.
Qu’est la vie? un mouvement. Mais un mouvement qui ne se répète jamais. Jamais le mouvement vital n’est identique à lui-même: il varie incessamment et se modifie à chaque variation.
Nous avons un mot pour représenter ce perpétuel changement: l’évolution. La vie évolue sans cesse et avec une patience – qu’elle tient de son éternité. Cette évolution est à ce point insensible, tant elle est minime que l’homme nomme cette vie qui s’écoule : l’inertie. C’est qu’il y a entre l’homme et la vie la même différence qui existe entre l’instant et l’éternité. L’homme n’est qu’un instant, mais c’est un instant actif. À son activité, une voie est ouverte, celle de l’action. L’homme agit! et le faisant, il ajoute une consonne à l’évolution et ce devient la Révolution.
La vie se constate, mais le destin de l’homme est d’ajouter à cette constatation la consonne qui résume son activité particulière et c’est ainsi qu’il tente de violenter le lent écoulement des choses en ordonnant à la Durée de se faire plus intense et plus rapide. Dès lors la tendance humaine est inventée et elle nécessairement, fatalement révolutionnaire.
C’est à tort que nous plaçons toute l’activité humaine dans l’ordre politique. Dès que nous sortons de lois naturelles de la vie, nous devenons révolutionnaire et c’est un acte nettement révolutionnaire que de concevoir une auto et de monter dans un tel véhicule. Les lois normales de la vitesse ayant manifestement limité notre vitesse à celle que nos membres sont capables d’atteindre.
La révolution, c’est donc un état d’esprit : celui que notre dynamisme crée et, chaque fois que nous nous rapprochons des conditions de la vie normale, nous nous éloignons d’autant des conditions révolutionnaires. C’est donc à tort qu’on fait de Jean Jacques Rousseau un des fondateurs modernes de l’esprit révolutionnaire; il est, au contraire, le conservateur de la condition naturelle. Il a voulu pour lui – mais nous savons qu’il se proposait comme exemple – il a donc voulu pour l’homme des conditions de vie absolument simples, aussi strictement simples que possible. Par cette volonté, il est aux antipodes de la condition révolutionnaire. De nos jours encore, un même état est indiqué comme étant celui de la jouissance humaine la plus pure et la plus durable par l’œuvre du poète Jean Tono. Avec ces poètes, comme avec tous les lyriques et tous les mystiques purs, l’homme abandonne son ambition, se méfie de son orgueil et s’en remet à la sagesse des choses de résoudre l’angoissant problème de notre destinée individuelle ou collective.

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