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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 22:54

LITTERATURE

Inédit de Maxime NEMO daté de 1950

Il s’agit de 31 pages extraites d’une chemise qui portait le titre de « Voyageur de IIIe classe »

 

Le propre d’un ouvrage sur la littérature paraît devoir être la littérature elle-même ; et cependant, je ne suis pas certain que cette affirmation puisse  être exacte, pour la raison simple que, dans ce terme : littérature il y a ce que j’appellerai : l’évidence du littérateur. –A proprement parler – et ce n’est pas le fait de bien parler que d’essayer de le faire de cette façon. Il n’est pas de « littérature en soi ».Il ne me paraît pas utile d’être Kant pour douter de l’existence de « la chose en soi » ; une simple expérience, mais hélas infiniment subjective , vous démontrer qu’en toute chose, le « soi » est peut-être soi même.

Je vais commencer « littérature » en disant pour démontrer relativement ce que je viens d’affirmer, en disant j’aime beaucoup Spinoza –c’est un littérateur !- or, il commence sa profonde, sa bouleversante démonstration, en écrivant (définition III) « par substance, j’entends ce qui existe en soi et est conçu par soi » etc… sans se douter à quelle ambigüité le conduit sa rigueur, car c’est lui, Spinoza le « je » qui donne l’explication, la transmission de la chose « qui existe en soi » et « est conçu par soi ».

Je ne pense pas que l’honnêteté de l’erreur soit allée plus loin – ni plus haut comme je ne suis pas certain de n’être pas né tout entier ou à peu près de la littérature.

- : -

Mon père murmurait une chansonnette d’étudiant de son temps : « On connaît toujours sa maman, certainement » seulement on ne peut avoir double ou triple naissance. Qu’est-ce que celle du physique en particulier ? Dans un temps qui est devant nous, l’uniformité biologique rendra cet accident, cet évènement qui est un évènement banal : on naîtra, animalement ou chimiquement, de la décision d’un choix, la semence résidant, en attendant de « vous faire » dans un petit tube quelconque.

C’est alors que l’importance des influences psychologiques apparaîtra. Pour certains n’en sommes nous pas déjà là ? Qu’est-ce que l’importance du père de Jean Jacques, de Baudelaire ou de Rimbaud à côté de l’influence exercée par tel ou tel poète, ou écrivain sur leurs sensibilités. On ne sait, généralement rien du père de Paul Valéry, mais on devine la démarche de tous les hauts rationalismes du passé et du présent – à moins qu’il ne les incarne tous !-sur la puissance de création du Poète. Et c’est pourquoi je dis, « la littérature fut ma mère » ; cependant et afin de donner satisfaction à l’opinion publique, toujours en retard de quelques millénaires, j’ajouterai « l’une de mes mères ».

Ma vie première a dû se rôder à des contacts musicaux, la Poésie étant une musique et la musique, de la littérature, ainsi que l’a dit Verlaine – ou à peu près ! Mon père disait des  vers, pour son plaisir ; ce qui est la seule façon de les dire, et peut-être de les bien dire.  Il avait une déclamation exacte, encore qu’un peu romantique, ainsi qu’il se devait à un homme qui avait assisté à l’enterrement de Victor Hugo (ndlr : 1 juin 1885) Et dans mon coin, j’écoutais, trouvant, sans doute, cette cadence agréable ; si agréable que je la répétais – également pour mon propre plaisir.

Hélas, ma petite chatte ayant fait, l’autre jour, quatre enfants, j’ai dû en noyer trois. On m’avait conseillé de le mettre dans un seau à moitié rempli d’eau. Le cœur navré, je me livrai à l’opération et couvrit le crime. Au bout de deux ou trois minutes, imaginant les petites bêtes mortes, j’enlevai le couvercle ; ce fut pour voir les petits chats nageant  désespérément. Ils étaient nés deux heures plus tard ; à deux heures, ils savaient tenir sur l’eau ; l’idée du rythme était en eux. J’ai dû venir au monde avec celui de la parole, ou de la phrase ; ce qui ne veut pas dire hélas ! que celle-ci tienne sur l’onde ou sur le papier. Mais ce qu’était mon père m’a précédé, dans l’existence sur tous les plans, et je prie de croire que je n’ironise pas en écrivant ceci ; puis le monde s’est mêlé de ma formation, le monde n’est pas plein de littérature, il est même (…) la littérature.

J’avais huit ans quand mon père nous emmena à Biskra : une de ses innombrables fantaisies. De là il organisa avec quelques Anglais, une expédition  à Touggourt, deux cent cinquante kilomètres je crois , à dos de chameau, car à ce moment , le chemin de fer n’existait pas. biskra-83.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par quelle autre décision fantaisiste, mon père décida-t-il de m’emmener ? je l’ignorerai toujours : je fis partie du groupe et couchai sous la tente, en plein Sahara. Le jour, le désert  me parut monotone : je me souviens avoir beaucoup dormi : par contre l’étendue nocturne, ponctuée de points brillants ; cette épaisseur de velours sombre que trouaient ces éclats diamantaires m‘attira. Mon père ne se doutait  de rien à ce moment ; à ce moment, lui que la nostalgie du désert avait ramené en Afrique du Nord, satisfait sans doute des visions du jour, passait la nuit à se reposer. Je rampais vers l’extérieur de la tente pour regarder le ciel. Peut-être aussi pour désobéir aux recommandations, car on m’avait dit ou j’avais entendu raconter que les effets de lune étaient pernicieux pour les yeux de l’homme. J’ai ainsi contemplé le plus vaste ciel de ma vie ; - à huit ans. Certes, je ne restais pas longtemps immobile sur le sable à regarder si loin, de mes yeux d’enfant européen parisien, même – donc, d’enfant aux regards habitués à des limites immédiates ; car, rapidement, l’infernal froid de la nuit  saharienne me saisissait, et claquant des dents, je regagnais ma couverture, en rampant toujours. Je ne rentrais pas sous la chaleur de la couverture identique à l’être qui en était sorti : une osrte d’impression d’immensité m’habitait, confusément, et formellement, cependant ; et je restais les yeux ouverts, respirant une vague odeur d’Arabes, de chameaux et d’hommes, à regarder en moi lmême l’impression éprouvée, et ce clignotement, qui, selon les moments de ma sensibilité, me paraissait malveillant, ou sans intentions particulières.

Je crois avoir pris là, une leçon, intense de littérature, autant qu’à Touggourt quelques jours plus tard. Il devait y avoir je ne sais quelle foire, je ne sais quel marché, car je vis des centaines, peut-être des milliers de chameaux chargés de dattes et des derviches, des charmeurs de serpents ainsi que des hommes droits, bruns jusqu’à la rigueur, qui demeuraient immobiles, appuyés contre la colonne d’un palmier. Tout ce que j’ai aimé, par la suite a reçu là, sa première notion d’analogie : je ne sais quel azur, quel besoin de simple beauté, d’étonnante simplicité, lié – oh sans m’en douter le plus souvent à je ne sais quel autre souci d’efficacité. Et, sans doute ai-je puisé là ma secrète horreur du contraire des ces impressions ; du moins de ce qui me paraît être leur contraire. Cela explique sans doute, que j’aie horreur de Marcel Proust, et de quelques autres, de même espèce. Je ne veux pas dire, que j’ai raison ; j’affirme seulement que Proust m’assomme alors que Saint Exupéry me tient haletant. Et en cette année de son centenaire, cela explique – au moins pour moi, ce qui est essentiel !  pour quelle raisons je déteste Balzac, l’anti-Poète par excellence ; l’homme tout plat, l’expérience socialo-romanesque, et si peu romanesque que le livre me tombe des mains et que je me demande qui des deux est l’imbécile, de l’homme- qui lit pour son plaisir, au lieu de son ennui  ( mais à quoi bon lire pour s’enquiquiner, comme dit Michel) ou de moi. biskra-le-casino.jpeg

Deux amis me disent qui me connaissent un peu (de qui est-on connu en dehors de soi – et encore ?)

« Tu devrais raconter ta vie » A vrai dire ma vie ne m’intéresse pas. Je ne veux pas dire que j’ai fait ses actes avec plaisirs, certains (ceux de l’amour en particulier) avec ivresse ; je ne veux pas dire , même, que je ne tire pas de ces actes une sorte de contemplation qui crée ma seconde vie, je  désire simplement expliquer que ma vie ne m’intéresse qu’en tant  qu’expérience. Au fait c’est peut-être aussi ce qu’entendent mes amis. Cependant il me semble qu’avec cette définition, nous sortons du système de confessions  mis à la mode par cette énigmatique crapule de Jean Jacques. Ce n’est pas pour rien que je fréquente intimement, depuis quelques années.. Et que les rousseauâtres cessent de s’indigner : je suis à peu près assuré d’être d’accord avec Jean jacques, avec ce qu’il désirait obtenir de son destin : de gagner en signification ce qu’il pourrait perdre du côté de la sympathie, de la piété bénigne. La sculpture d'André Bizette Lindet qui va être érigée au Panthéon (ndlr! 1952) représente bien  la signification que peut-être , le jugement de demain attribuera à Jean Jacques :05 LindetRousseau c’est la puissance, la signification orgueilleuse de cette puissance qu’a exprimé le jeune statuaire et non ce côté un peu bonne pâte, un peu Jean de la Fontaine pour chromos, de Jean Jacques herborisant  inoffensif, que tant de piété lui avait , jusqu’à ce jour attribué. Peut-être ne décidera-t-on de ne visiter les gargouilles sexuelles du Bonhomme que pour fuir l’anecdotique et afin d’obtenir la signification humaine de son cas. C’est ainsi qu’on le restituera à la généralité – au besoin malgré lui, malgré son triomphe, en dépit de son extraordinaire influence.

Et cela amène cette saveur sous ma langue, que je prélude à un autre système de « confessions » illusion, peut-être vaniteuse, mais si candidement sincère qu’elle peut être reconnue.

« Une vie de IIIè classe », souvent…. Il n’y a qu’en amour que j’ai pris le train de luxe, avec son inconfort, ses emmerdements, mais aussi ses enchantements. Lorsqu’exceptionnellement, je suis monté en seconde ou en première, la gueule des abrutis rencontrés m’a suffi pour me faire prendre à moi aussi, l’air renfrogné ; j’ai regretté les marchands de cochons et ces paysannes du Midi qui vont au marché vendre leurs oies jaunes et leurs canards bavards. Je ne sais quel amour du vrai peuple m’a toujours enchanté, de celui que j’appelle : le peuple juste, celui qui vit et que le droit à l’électorat défigure.

La Démocratie en tout me dégoûte. Le vrai peuple, n’est démocrate que parce que l’irraison de quelques imbéciles qui le condamnent à la fonction politique. Autrement, et ainsi que Baudelaire le dit  des sauvages et pour les enfants, il aime la pompe et les assortiments éclatants, l’homme vrai du peuple lève les yeux vers l’élevé ; il sent que sa hauteur qui est celle de l’Homme est dans l’aristocratie. J’ai peut-être vu les derniers échantillons de cette catégorie, dans quelques Russes blancs, des officiers allemands, une douzaine de chatelains français et le rural de chez nous, celui de Bretagne, de Touraine, des Charentes et des provinces parisiennes, londonniennes, les Américains, les autres Russes, ce qui est bourgeois par excellence, et qui comme tel, confine au moyen, c'est-à-dire, au médiocre. On se demande si la Civilisation sombrera dans cette ample béatitude venue de Marx, de la Machine et de l’Argent. Pourvu que la littérature refuse de suivre le mouvement descendant ! mais revenons à mon histoire, puisque j’ai l’espoir qu’elle puisse coïncider quelque peu avec la sienne. 99-louis-joseph-anthonissen-marche-aux-moutons-a-biskra.jpg

J’ai appris Cyrano de Bergerac, en entier, tout seul à huit ans. J’entendais bruire les syllabes ronflantes. Mon père avait formé un groupe théâtral au Casino de Biskra et voulait monter l’œuvre, alors dans tout son retentissement, d’Edmond Rostand. Ce n’était, dans la maison, où après un séjour de deux mois à l’Hôtel du Sahara que répliques exaltant le panache, et les coups d’épées. Or, j’adorais les trois Mousquetaires ; je lus Cyrano, j’emportais le livre vert dans les allées du Parc du Comte de Landon ; un grand espace peuplé de magnifiques palmiers, mais qui ne se trouvait guère sur le chemin de l’école.

J’ai fait à Biskra de déplorables études. L’instituteur faisait  sa classe devant des gosses de mon âge et d’autres grands enfants de 19 ans nègres et arabes, qui nous montraient leur sexe érecté, quand nous étions seuls. L’école faisait plus que de m’ennuyer : elle me dégoûtait. IMG_20130328_142128-copie-1.jpgAlors, le livre de Cyrano dans mon cartable, je filais sous les arbres ou vers les rues aux murs de terre du village nègre, et là, assis, sous un arbre, j’ânonnais, je lisais, apprenais. Je sus le IVè acte d’abord ; tous les rôles, pleurant pour Roxane et pour Cyrano ; très peu pour Christian qui me paraissait un peu bête de ne pas savoir parler aux femmes. Ce fut décisif. Lorsque je n’avais plus le livre, , je récitais les passages que je savais par cœur. Je me les disais à moi seul ou aux amis que je m’étais faits parmi les Bat d’Aff. Je les avais trouvés sur les chemins qu’ils devaient empierrer  au moins théoriquement. Sur des tas de pierrailles, on avait causé. Lorsque je me mis à leur dire des vers – il me fallait tout de même un auditoire, et les nègres et les arabes de ma classe étaient ineptes – ce fut magique ; je devins l’Adopté ; ils savaient mon prénom, et du plus loin que j’apparaissais, m’appelaient. J’avais des kyrielles de militaires dans ma famille, j’aimais jusqu’à l’odeur de la caserne et du soldat suant. Les Bat-D’Aff étaient des types épatants et des auditeurs nés ; Nous passions de longs moments, jusqu’à l’heure de rentrer dans ma maison. D’ailleurs cette heure était incertaine, mon père et ma mère passant leur temps au Casino ou chez des amis, il n’y avait au domicile que le domestique arabe, Sadock et une femme de chambre maltaise qui n’était jamais là. Pour rien au monde ces deux êtres ne m’eussent dénoncé.        

Ces liaisons eurent un épilogue dramatique. Un jour que mélancolique, je me résignai à frotter pendant quatre heures le fond de ma culotte sur le banc de l’école, je rencontrai mes amis « Joyeux » qui partaient en colonne.

L’invite fut immédiate : « Où allez-vous,? » demandai-je tout en trottinant le long des rangs. « Au champ de tir » me fut-il répondu : « Viens avec nous, tu seras rentré ce soir ».

Il était un peu moins de huit heures. Evidemment, il y avait le déjeuner de midi, mais peut-être pensai-je, mes parents déjeuneront-ils au restaurant…. Je crois bien que je ne réfléchissais pas, la perspective d’une journée de liberté  et avec « eux » m’entrainant, je partis. Les « Joyeux » m’avaient menti, il partaient en réalité pour quatre jours.

On me déchargea de mon sac, on me grimpa sur de solides épaules. A quelques kilomètres de la ville, alors que le désert commençait déjà, l’officier à cheval, nous rejoignit :

-        Qu’est-ce que c’est que ce gosse ?

-        Un copain mon lieutenant, on l’emmène.

Dans une appréhension terrible, je vis naître une hésitation dans les yeux de l’officier. Mais nous étions loin de la ville déjà et peut-être pensait-il que s’il détachait un homme pour me ramener à mes parents, il ne le verrait pas revenir. Et puis on était en Afrique.

-        Vous en répondez ? questionna-t-il encore.

Une véritable clameur le rassura. J’ai vécu quatre jours et quatre nuits avec ces hommes, sans qu’un mot, sans qu’un geste ait pu retentir à mes oreilles ou devant mes yeux qui les afflige ou les surprenne. Un sorte de tendresse farouche les animait qui les rendait attentifs à mes caprices, comme à mes besoins. J’ai dormi entre leur capote aussi paisiblement qu’au Paradis ; mais le retour fut terrible : on me cherchait partout. Heureusement, un ami de mon père m’avait aperçu et lui donna des renseignements. Néanmoins la scène fut violente. Mon père me reprocha ma paresse, disant que mon incapacité au travail voudrait que je soit « bouif ». C’est alors que dans mes larmes je lui criai :

-        Je saurai toujours bien faire ce que tu fais !

-        Quoi ? répliqua-t-il  exaspéré.

-        Dire des vers hoquetai-je.

-        Imbécile, tu n’en sais pas un seul.

Je lui récitai le commencement du IVe acte de Cyrano : mon père sidéré passa la journée entière avec moi, ce qui n’était à coup sûr jamais arrivé auparavant. Le soir, il m’emmena au casino et me fit dire ce que savais devant ses amis. Le succès fut immense, et je bus tant de choses que le lendemain j’étais malade et trouvai déjà la gloire amère.

-        Cet enfant fera notre fortune ! disait mon père. Pauvre homme !

Il fallut revenir en France, l’héritage qui nous avait permis de vivre en Algérie était mangé. Partis comme passagers de luxe, nous dûmes nous contenter du pont lors du retour ; mais on eut comme pitié de notre respectabilité et nous restâmes à l’écart des autres passagers de pont assis ou allongés sur des chaises longues. Ainsi je vis la mer dans son extase  sous le ciel étoilé. Marseille-Vieux_port_vers_1900.jpg

Au débarcadère, à Marseille, ma mère s’inquiéta du déjeuner : je vis mon père changer de couleur et déclarer qu’il ne lui restait pas un centime.

-        Mais tu avais encore cent francs ce matin dans ton porte feuille ? dit ma mère.

-        Il a bien fallu que je donne un pourboire au garçon de pont ! répliqua mon père. Toi aussi, ajouta-t-il en se retournant vers ma mère, tu avais de la menue monnaie.

-        Oui mais il a bien fallu que je trouve une voilette, j’ai acheté celle que j’ai à une passagère.

-        Maxime, interrogea alors mon père, as-tu de l’argent ?

Il me restait cinquante centimes. Nous mangeâmes chacun, un petit pain et une bille de chocolat. Il est des épreuves plus pénibles que celle-ci. Ce que je sais, c’est que le soir, on m’habilla avec un costume marin des jours d’apparat, que je fus introduit dans un grand salon et invité à lire des vers. Après un moment d’intense émotion, sentant le regard de mon père posé sur moi et m’implorant automatiquement, j’ouvris la bouche. Alors ce fut absent du lieu, de la circonstance, emporté par les rythmes qui me ravissaient les oreilles, insensible aux exclamations comme aux applaudissements ; la liaison avec la Littérature était réalisée.  


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L'achèvement, en 1888, de la ligne de chemin de fer qui relie Constantine à Biskra sur une longueur de 242 km, marque l'apogée du boom touristique. Alors qu'Alger n'a pas encore de casino, Biskra a le sien dès 1895. C'est un vaste établissement de style mauresque qui comprend hôtel, café-restaurant ,cercle et théâtre. Au début du siècle, Biskra est devenue une grande cité touristique. On y trouve des hôtels flamboyants où s'affairent chasseurs, maîtres d'hôtel, valets de chambre. Toute la journée résonnent la corne de deux tramways et le tintamarre des calèches de villes d'eau. Excursions, fêtes et courses agrémentent l'ordinaire. Le soir, au casino, on joue aux petits chevaux, on assiste à des concerts ou à des opérettes. Ou bien l'on se rend à des soirées dansantes, les messieurs en smoking, les dames en toilette.

Les Romains l'appelaient Piscina, les Français l'appellent « la perle du désert » et les Arabes Biskra el-Sekera, c'est-à-dire « Biskra la sucrée ». En 1891, Biskra compte 7 200 habitants dont un demi-millier de Français que rejoignent en hiver 4 000 à 5 000 touristes(803). Elle exerce un irrésistible pouvoir de séduction grâce à son cadre, d'abord. Lorsque les touristes désertent les lieux, en avril, ce sont les peintres qui prennent la relève. Les constructions de la ville nouvelle s'inspirent des traditions indigènes : épaisses murailles de briques sèches, maisons sans étage, arcades protégeant les fenêtres du soleil. L'extérieur déborde de verdure. On a multiplié les fontaines, semé la ville de jardins dominés par l'essence du gommier, arbre le plus répandu après le palmier.

La visite de la propriété Landon est l'une des plus belles attractions touristiques de la région. Il s'agit d'un superbe îlot fleuri au cœur d'une mer de sable. Des arbres de toutes espèces, des plantes odoriférantes, des figuiers, des bambous, d'immenses arbustes à fleurs bleues, toutes les variétés d'héliotropes, des géraniums hauts comme des arbres, des oliviers, des grenadiers, des arbres d'Europe et d'Amérique y poussent pêle-mêle, réunis par des guirlandes de verdure.Un-siecle-de-passions-algeriennes_Pierre-Darmon_Fayard.jpg

Pour ceux qui ne se contentent pas du plaisir de l'ouïe et de la vue, deux rues du quartier marchand ont été abandonnées aux Naïliennes. Le soir, des lanternes allumées sont accrochées aux fenêtres pour indiquer que le touriste peut entrer. Des femmes parées de leurs atours attendent sur le seuil. Le quartier des Ouled-Naïls n'est pas du goût de tous, notamment du général Donop dont le commentaire indigné mérite d'être cité :

« Aujourd'hui, tandis que le plus hardi de nos dragons deviendrait rouge comme sa culotte en traversant, même de jour, ce quartier devenu célèbre, véritable sentine de Sodome et de Gomorrhe, des Anglaises effilées, de tout âge, à la face impassible ; de vertueuses misses, aux yeux en apparence indifférents ; d'élégantes Françaises, curieuses d'art, habituées des beuglants parisiens, s'y promènent tout le jour et s'y retrouvent le soir, à moins que, désireuses de pénétrer plus avant dans le mystère dont l'horreur semble les intéresser, elles se rendent, sans honte aucune, à un spectacle plus intime, avec l'aide d'un de ces personnages qu'un euphémisme discret décore du nom de guide (806).

Le pittoresque et le bigarré, le mélange des races et des langues et la vie brillante des hiverneurs ne doivent pas faire illusion. Si quelques auteurs s'étendent avec complaisance sur les aspects repoussants des ghettos, ils semblent frappés de cécité devant la misère ou la pauvreté d'une majorité d'indigènes et de nombreux Européens. Dans le domaine économique, en effet, l'improvisation et le pragmatisme font la loi. L'essor périlleux de la viticulture, les projets fantasques, le perpétuel déficit du commerce extérieur, l'absence de sources d'énergie et d'industrie, les caprices du climat et les troubles antisémites font peser une menace permanente sur la société algérienne. À la veille de la Grande Guerre, pourtant, l'essor tant attendu semble se dessiner.

 

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  (à suivre)

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:22

Dans les deux hivers 1895 et 1896, elle loua tout le Grand Hôtel de Cimiez (40 000 francs pour six semaines) ; et dans les trois hivers 1897, 1898 et 1899, le tout neuf Regina Excelsior (80 000 francs pour huit mois). On sait que, pour hiverner, la reine amenait non seulement ses femmes de chambre, valets, son chef de cuisine et ses marmitons, ses serviteurs indiens, son lit, sa vaisselle... mais encore, son cabriolet, ses chevaux et piqueurs et son âne Jacquot. Plan de l'ouvrage sur Maxime NEMO

Le lieutenant Colonel Sir William Carrington, Grand maréchal de la petite cour niçoise ;

Le Prince Henry de Battenberg et la princesse Béatrice de Battenberg pianiste émérite jouait du Saint Saens.aux côtés de ses enfants :les princes Alexander et Leopold et la princesse Victoria de Battenberg.

1900_SarahBernhardtparNapoleonSarony.jpg

Sarah Bernhardt vint au printemps  de 1897 à Nice et vint jouet à l’Hôtel Exelsior « Jean marie » d’André Theuriet, Drame en 1 acte en vers (déjà joué au Théâtre de l’Odéon le 11 octobre 1871 ) 

Le Président Félix Faure vint saluer la reine à Nice en avril 1898.

Grâce encore à Xavier Paoli, on sait tout des journées méthodiquement réglées de la reine à Cimiez. (pp.254-255)

Lever à 9 heures, breakfast très copieux ; correspondance et télégrammes l'occupaient jusqu'à onze heures ; puis promenade jusqu'à une heure et demie ; déjeuner encore copieux, puis nouvelle excursion. À sept heures, dîner suivi d'une soirée dans le petit salon royal où souvent elle faisait venir des artistes : Saint-Saëns et Sarah Bernhardt se produisirent devant la reine ; avant de se coucher, la reine écrivait encore son journal. Ce programme supportait des exceptions : les sorties exceptionnelles — quand elle allait à Falicon ou assister aux fêtes locales de Cimiez, en particulier le festin des Cougourdins ; elle n'allait pas au carnaval. Tous ces déplacements à Nice et alentour se passèrent sans incident, bien que beaucoup de badauds se regroupaient pour apercevoir celle qui disait être M Churchill mais que la réputation des villes d'hiver, des stations thermales et balnéaires.

Victoria tenait un « livre de cadeaux » qu’elle faisait au petit personnel et aux anonymes rencontrés au hasard de se promenades.  

 Hotel-regina-a-Cimiez.jpg

Le moment le plus important fut la deuxième moitié du XIXè siècle avec les très nombreux séjours de Napoléon III aux villes d'eaux, à Biarritz, ceux de la reine Victoria,(à Aix les Bains en 1892 et 1893 puis à Nice de 1895 à 1899)  du roi de Prusse, de l'Empereur d'Autriche et de la famille impériale russe.

A contrario, des eaux, même de qualité aux yeux des Académies de Médecine, des bains de mer situés sur le même rivage océanique, des villages de pêcheurs méditerranéens ou des abris provençaux (comme Nyons) n'ont pas réussi à percer, quels que soient leurs mérites.

Victoria-a-Cimiez.jpg

Un nombre de plus en plus grand de rentiers au XIXè° siècle et début XXè siècle, puis de grands bourgeois sont atteints par la diffusion des pratiques saisonnières de tourisme ; ils se rendent dans les stations les plus mondaines... et bien peu dans des lieux ayant les mêmes avantages climatiques. « Moins cher » n'est pas un argument, seul compte le « plus chic ».

Et le processus de distinction continue d'assurer de nouvelles inventions.

Cf. Xavier PAOLI, « Mes souverains ». Ce commissaire spécial français, chargé de leur protection discrète, raconte.

Rééditions des mémoires de Xavier Paoli qui fut un best seller en 1912 : « Leurs majestés » Editions Atlantica/ Sceptre et couronne – Biarritz - Décembre 1999. Collection de photos de Jean Philippe SEGOT

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:16
Samedi 9 février 2013

Une visite à la Bibliothèque de l'Arsenal entre Bastille et Quai de Sully est toujours un enchantement doublé de surprises et de découvertes.Ce jour là je cherchais à relire les correspondances de Louise LARA Louise-Lara-copie-1.jpg (mère du réalisateur Claude Autant Lara) et figure du théâtre des années 20 à 30 dans le Paris de la Rue Lepic à la Comédie Française dont Anatole France disait "Madame LARA est grande par le talent et le caractère".
Son ami Georges Duhamel dira d'elle:"Si le courage, la générosité, le désintéressement, l'amour de la beauté, le don d'enthousiasme étaient bannis de la terre, toutes ces belles vertus s'iraient réfugier dans le coeur de Madame Lara."
Il ne m'en fallait pas plus pour découvrir les secrets de cette amie de Maxime NEMO qui creusera le même sillon au service du théâtre et de la poésie,l'une à travers "Art & Action" l'autre à travers "l'Ilôt".
Dans les cartons de la donation Bompard sur "Art & Action" je découvre épars: des portraits et photographies dédicacés du toulonnais Félix Mayol,de Romain rolland, du poète Maurice Rollinat, de Gaston Poulet de la Pavlovla et des dessins de Mlle Akakia-Viala mais aussi des manuscrits autographes de Stéphane Mallarmé, de René Ghil, de Rémy de Gourmont, de Guillaume Apollinaire,de Romain rolland,de Paul Claudel et d'André Gide.
Une exposition fut organisée à l'Arsenal en 1947 pour dévoiler les documents donnés par M.et Mme Autant Lara à la Bibliothèque nationale.Dans son allocution,Frantz CALOT (conservateur de l'Arsenal de 1944 à 1949)leur rendra hommage.
Voici ce qu'écrivait dès 1932, Francis Jourdain sur la vaste entreprise de ces illustres bienfaiteurs:
" Renouvellement de la matière théâtrale, de la forme et du fond, du contenu et du contenant (c'est à dire l'esprit du texte, la qualité du mot, voire sa qualité musicale.
Réalisation d'un synchronisme entre les divers modes d'expression dramatique- évocation de l'abstrait par le concret -
Utilisation de vieux thèmes, de vieux mythes, non point exhumés et restaurés, mais brutalement rajeunis, traités par une thérapeutique qui, sous la poussière ne respecte que le germe, l'extrait du cadavre, et le ranime. Puis aussi, recours à la fantaisie, à la bouffonnerie, pour rendre sensibles les penseurs les plus graves, les concepts les plus pathétiques.
"Transposition pour la scène de certaines ouevres qui, bien que n'étant pas écrites à cette fin, ont en elles un mouvement, un dynamisme susceptible de trouver une expression théâtrale" (exemple l'oeuvre de Rabelais)
M Mme LARA, généreux donateurs à l'Etat des archives, de toutes les archives du laboratoire d'Art et Action,recueillies et classées par leurs soins et qui ont été incorporées à la Collection théâtrale Rondel à la Bibliothèque de l'Arsenal pour y être conservées en pleine propriété dans l'avenir.
Parmi les représentations théâtrales du Groupe art & Action, on peut relever:
Hamlet de Jules Laforgue; le Partage de Midi de Paul Claudel; Ballet métaphysique de Fauconnet; Compère le renard de Georges Polti;Liluli de Romain Rolland; Gargantua de Rabelais; Micromégas de Voltaire; Pantoun des Pantoun de René Ghil.
J'ai pu consulter sous la cote 13775 à 13777 les revues et programmes de l'époque dont
"Les petits concerts" 5 séances de musique et de poésie du 26 janvier au 23 février 1923 avec Madame Croiza, Jacques Copeau et Eugène Wagner chez Mme Alexandre ANDRE, au 20 rue d'Aguesseau.
La revue "Art et liberté" Association pour l'affirmation et la défense d'oeuvres modernes" sise 2 rue Emile Menier Paris 16è avec un article intitulé : la galerie des Piolus civils" signé de Louise LARA Sociétaire de la Comédie Française et syndicaliste.
La revue "La Rampe" Magazine théâtral illustré de 1919  avec des articles sur la Naissance du poème, "la Prose symphonique" de Fernand Divoire, "Couleur du temps" drame en 3 actes de Guillaume Apollinaire.
La Revue la Nervie n°4  ( Revue franco-belge d'Arts et de lettres) Numéro spécial sur Art & Action 66 rue Lepic Paris M° Blanche.
"La Nervie est due à la collaboration d'écrivains et d'artistes épris d'idées saines, claires et neuves, soucieux d'un effort sincère vers la réalisation d'une oeuvre haute et désintéressée."
Portraits de Madame Lara et de Claude Autant Lara.L'article sur "Art & Action" est signé Fernand Divoire Divoire2où il relate les 70 spectacles dont une danse macabre du XIVè adaptée par Carlos Larronde.Divoire.jpg
La revue "Gestes" avec des textes de Raymond Duncan (1921) et des bois dessinés et gravés de Marc Roux.
Revue "l'Affranchi" n°1 - (Hiérarchie - Fraternité - Liberté) Revue mensuelle d'Art et Philosophie de Mai 1919 fondue avec l'Art. 5, rue Schoelcher Paris XIVè
Centre Apostolique, oeuvre d'action fraternelle. Fondateurs : Bruyez, Larronde et Revel.
Marcel Hiver: membre de la section française de l'Internationale ouvrière et de la Confédération du travail, Licencié en Philosophie.
Le Docteur Paul Jeanty :" savant, lettré, artiste et homme exquis"
Revue "l'Affranchi" (Noël 1018) lettre aux philosophes occultes. gérant: Carlos Larronde.
Cantique de la connaissance d'O.W.de Lubicz-Milosz sur la rivalité entre lithuaniens et lettons.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 14:02

Jean Jacques, le devin et les oiseaux
S'il pouvait revenir, Rousseau constaterait sans doute que , deux cents ans après sa mort, ses "ennemis" n'ont pas désarmé. A moins que ce ne soit seulement le mauvais sort qui s'acharne: on devait donner deux représentations du Devin du Village dans le parc de la mairie de Montmorency (Val d'Oise). des gradins avaient été installés face à un cèdre magnifique( un cèdre planté par Jussieu ? C'est ce qu'on dit entre soi sans en être bien sûr.), on répétait depuis trois jours, le public était là, mais les musiciens ne venaient pas.
9h.30, 9h45... malgré la fraîcheur du soir, un peu humide puisqu'il avait plu dans l'après midi, il y avait seulement un peu d'impatience bien compréhensible : découvrir Jean Jacques compositeur, écouter un petit ouvrage charmant, une pastorale applaudie par le roi à Fontainebleau en 1752, qui devait servir de modèle à Bastien et Bastienne de Mozart, et de point de référence pendant plus d'un siècle au genre si particulier de l'opéra-comique français, cela aiguise singulièrement la curiosité; enfin les occasions ne sont pas si fréquentes d'aller à l'opéra à Montmorency.
Et puis, un peu avant 10 heures, le maire a dû s'excuser auprès des personnalités et auprès du public:
"les chanteurs acceptent de chanter, les danseurs de danser, le nouvel orchestre philarmonique de radio france refuse de jouer dans le parc de la mairie; la représentation est donc annulée, celle de demain aussi." Le public conspua les musiciens et s'en fut.
Mais la soirée n'était pas vraiment finie: dans la salle des fêtes qui fait face à la mairie, les instrumentistes devaient maintenant faire face au mécontentement des spectateurs  les plus eélés. Ils protestent sous les insultes : " Nous voulons jouer mais pas dans le Parc: un repli était prévu à l'église, on ne nous a pas laissé le choix." Les gens s'étonnent: "M. le maire ne nous a pas présenté les choses comme cela !"
C'ets vrai, l'église était prête, toute illuminée, avec un podium, des chaises, des pupitres ( il aurait seulement fallu renoncer à la mise en scène); mais à Orange et ailleurs, on a vu des musiciens accepter de jouer en plein air dans des conditions bien plus difficiles. Enfin la salle des fêtes, avec sa petite scène, n'offrait-elle pas, à mi chemin, une solution envisageable ?
Il n'y avait donc aucune raison d'annuler purement et simplement ; il faut croire que la musique est parfois  tributaire du ton sur lequel sont menées les négociations: vers 9h.30 , quand une vielle dame curieuse a regagné sa place en soufflant à sa voisine: " Maintenant ils en sont aux noms d'oiseaux !" , on n'avait plus guère de raison d'espérer.


Gérard CONDE  - Le Monde du 3 octobre 1978  page 25

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:35

Répertoire de cent poèmes de MAXIME NEMO
Période de 1935 à 1973

Impromptu                          11 avril 1935                    Page       1
Souvenir de Trévoux                                                                    3
Entente                               Tours le 17 aout 1935                      4
Mot                                      16 novembre 1936                        10
Mot                                        2 décembre 1936                        11
Simple bonheur                   Noël 1936                                     12
En cinq minutes                                                                          15
« Tu vins »                                                                                   16
Mot                                        11 septembre 1937                     17
dimanche                              19 septembre 1937                    18
Pour tes trente ans                9 mars 1938                               19
Puisque claire éternelle beauté                                                 21
Après chagrin                                                                              22
Principes d’art                                                                             24
Contemplation : « lorsque de lumière vêtue tu gis en moi »  25
Souhait                                   1 janvier 1939                              27
Mot                                          2 aout  1939                                28
Pensée                                  21 septembre 1939 St Julien de Concelles  29
Mot                                          5 janvier 1940                              31
Ta nudité                                                                                       33
Anniversaire                           9 mars 1940                                34
Incidence : « Rêveuse, dont l’amour exhorte mon sein nu »   36
Mot                                         25 avril 1940                                 38
Mot                                         11 aout 1940  A notre retour à Troyes   39       
 Mot                                        21 septembre 1940                     41
Bord de l’eau                         3 octobre 1940      Troyes          43
Anniversaire                           9 mars 1941 « Tendres, tu vis »44
Chère, rien que ce mot                                                               45
Marine                                                                                           46
Souvenir                                                                                        47
Portrait                                    9 mars 1942 Anniversaire          51
Aquarelle                                Printemps 1943 Souvenir de notre vie à Ker Paulo    53
Absence « Pendant que tu étais au loin »                                54
Même absence                     Juillet 1943                                   55
Cadence                                 Souvenir de Paris à Ker Paulo de 36 à 39   56
Anniversaire « Intime à notre émoi » Anniversaire 9 mars 1943                57
Le jardin sous la neige                                                                59
Souvenir                                  5 avril 1935-5 avril 1944            61
Sans toi                                  24 décembre 1944                      63
Fin d’année                            26 décembre 1944                     64
Anniversaire                           17 février 1945    « ce soir »      65
Souvenir du 17 février            17 février 1945                           67
5 avril     (A)                              1935-1945                                 69
Même texte (B)                        1935-1945                     70-71-72
Le poème que je nous devais  25 juin 1945                      73-76
Paix retrouvée                           Sans date                                77
Coïncidence manquée                                                               79
Rappel du 12 mai 1935                                                              81
Simple passage pour nos 15 ans 12 mai 1950                       82
Dans un train qui m’emportait encore 27 mai 1952                83
Bientôt ce livre sera clos           10 juin 1952                            84
Cadence                                      17 février 1955                      85
En souvenir du 5 avril                  1955 Thouaré sur loire         86
Ta peine                                                                                        87
Poème sur la mer                        12 juin 1959                           88
Incandescence « Nos 25 ans »  8-16 mai 1960                      89
Simple rappel après 25 ans                                                       90
Nuits                                               12 – 25 mai 1935 – 1960    91
Mon amie                                       19 juin 1967                          93
Anniversaire                                   17 février 1968    94-95-96-97
En Aout                                           20 février 1968                     98
Siouvenir du 12 mai : La période de l’inconnu 12 mai 1971   99-100
Souvenirs                                        17 février 1972                    101-102
Souvenirs                                         avril 1972                             103
A Mademoiselle                             17 février 1973                     104-105


                                                                       F I N

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 20:56
Jeudi 24 novembre 2011

La pensée moderne de Teilhard de Chardin

"Les Racines du Ciel"de Frédéric LENOIR -France Culture - 21 novembre 2011transcription par Patrick Y Chevrel

Invité : Jacques MASUREL a fait une carrière dans l'industrie en France, au Japon, en Suisse, et aussi Vice Président de l'Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin et auteur de plusieurs ouvrages dont "Teilhard de Chardin visionnaire d'un monde nouveau " avec André Danzin  (Ed. du Rocher 2005) Association "Sauvons le Climat"
QUI ETAIT TEILHARD DE CHARDIN ?
Il est né en Auvergne tout près de Clermont Ferrand le 1 Mai 1881 dans une gentilhommière d'où la vue plonge sur Clermont Ferrand qu'il a grandi.Son père Emmanuel Teilhard était le père de toute une ribambelle d'enfants, c'est intéressant de le signaler car son fils tenait un peu de lui, c'est un géant 1,95 de haut, un érudit,passionné de la nature qui se faisait un devoir de former, à travers de longues promenades dans la nature,sa nombreuse descendance.
Ce qui est amusant c'est que la mère de Pierre Teilhard de Chardin, née Berthe Dompierre d'Ornoy est en fait l'arrière petite fille de Marie Harouet qui fut la soeur de Voltaire.
Quand on sait que cette sainte femme se rendait tous les jours à pied à la messe,et faisait quelques kilomètres pour se rendre à l'église, on peut se demander si notre bon vieux Voltaire ne se retournait pas dans sa tombe.
QUELLE A ETE SA FORMATION ?
Il a eu une formation tout à fait classique pour l'époque, il a été formé chez les Jésuites, et de là a fait un séminaire jésuite.
Sa formation scientifique il l'a acquise chez les jésuites pour une bonne part. Son premier poste a été d'être nommé au Caire comme professeur de physique chimie de là il est rentré en France,il a suivi des Cours au Collège de France et a terminé ensuite sa formation philosophique et théologique pour son noviciat à Hasting car à l'époque les Jésuites étaient interdits en France.
SA CARRIERE DE JESUITE
Très vite il a été envoyé, compte tenu de ses compétences, en mission en Chine pour aider un jésuite paléonthologue.Ce séjour a été extrêmement productif puisqu'il a aidé à découvrir sinon à authentifier le sinanthrope.Il a pris contact là avec toute la communauté scientifique qui vivait à Pékin,et il a réellement fait encore un grand pas en avant dans ses connaissances.C'est là qu'il s'est passionné sur la géologie, l'histoire de la Terre. D'ailleurs Teilhard, c'est venu un petit peu plus tard,a été le premier géologue qui a dressé une carte géologique complète de la Chine.
Une parenthèse, aujourd'hui Teilhard en tant que scientifique est nettement plus connu en Chine qu'en France c'est assez pardoxal puisque tous les paléonthologues ont comme ancêtre commun, si on peut dire,Pierre Teilhard de Chardin.Il est donc très connu et réputé en Chine.
QU'A-T-IL DÉVELOPPÉ COMME PENSÉE PHILOSOPHIQUE ET THÉOLOGIQUE ?
Là on rentre complètement dans le développement de sa pensée. Sa découverte  s'appuie sur sa vision de l'évolution issue de Darwin pour une part, de Bergson et surtout de son expérience scientifique de sa découverte de l'évolution à travers les fossiles qu'il a ramassés de ci de là et depuis sa plus tendre enfance. Toute sa pensée a été d'essayer de rapprocher cette vision scientifique, pour laquelle il n'avait aucun doute, et la pensée religieuse, ce qui lui a valu d'avoir très vite des problèmes assez sérieux avec son ordre et plus exactement avec l'Eglise, on ne sait pas trop comment mais enfin vers les années 20, il a écrit un papier sur le paradis terrestre remettant en cause complètement cette notion de paradis terrestre. C'est un document je crois qu'il avait rédigé sur le coin d'une table et qu'il avait envoyé à un de ses amis jésuite,et on ne sait pas comment, ça n'est toujours pas expliqué,comment ce document est arrivé à Rome et ça a été le début de ses ennuis. Une précision là dessus, Teilhard n'a jamais été mis à l'Index, il y a simplement eu un "Monitum" c'est à dire au fond un avertissement de prudence qui a été édité par le Vatican,mais après la mort de Teilhard quand le Père de Lubac a produit un ouvrage de présentation et de défense de l'oeuvre de Teilhard. 
AU FOND IL A CHERCHE A RECONCILIER LA SCIENCE ET LA FOI
Exactement il a essayé de réconcilier ses deux convictions, car au fond c'était un grand chrétien malgré ses petits problèmes avec l'Institution,et un grand scientifique.Ses oeuvres scientifiques représentent deux fois plus d'espace que ses oeuvres théologiques et elles sont encore aujourd'hui au Muséeum d'Histoire Naturelle et c'ets assez considérable.
Pour lui il fallait absolument rapprocher cette vision de l'évolution de la conception religieuse qu'il avait.Tout ets parti de là et en fait, l'origine profonde de sa pensée est venue dans les tranchées de la Guerre de 14. Il avait été mobilisé, non pas comme soldat de par son statut de jésuite,mais comme brancardier où il a eu d'ailleurs une conduite remarquable, il a eu la croix de Guerre à titre de brancardier, ce qui était tout à fait exceptionnel.
 Et en fait il a afûté toutes ses pensées qui germaient déjà depuis pas mal de temps dans les tranchées au son du canon.Cette vision des masses qui se jetaient les unes contre les autres,quelque part l'a marqué et je crois que beaucoup d'idées sont venues à ce moment là.
 QUELLE EST CETTE PENSEE DE TEILHARD DE CHARDIN ?
 La convergence entre l'évolution et la religion.C'est la ligne de la religion qui devait bouger et ce que disait le catéchisme sur l'évolution de l'homme et de la vie.
Pas tout à fait, ce qui lui a semblé fondamental c'était de découvrir un sens à l'évolution et de dire dans quelle mesure en comprenant ce mécanisme de l'évolution,il pouvait éclairer la religion ou disonslui  donner un autre éclairage.
Il était à l'opposé des créationnistes aujourd'hui,à une époque où l'on croyait encore que le monde avait été créé il y a 6000 ans et qu'Adam et Eve avaient vécu sur terre etc..Il fait partie de ces premiers savants et théologiens chrétiens qui ont remis en cause tout ce discours fondamentaliste qui lisait la Bible à la Lettre.
 Ce qui l'a marqué c'est d'avoir découvert cette continuité qu'il y avait entre le Big Bang ( la notion apparût à la fin de sa vie) et  aujourd"hui et au fond de constater que tout au long de l'existence de l'Univers de 14 milliards d'années celui-ci a évolué dans un sens bien précis, ce sens est marqué par une montée de complexité.
 je crois que cette idée de croissance de la complexité dans l'Univers,c'est réellement l'idée fondamentale qu'a apportée Teilhard.
C'EST UNE IDEE REPRISE AUJOURD'HUI PAR TOUS LES SCIENTIFIQUES
 Trin Van THUAN astrophysicien américain qui s'émerveille de la croissance de cette complexité qui montre que tout part des étoiles pour arriver au cerveau humain, il y a cet extraordinaire mouvement de l'évolution. Et Teilhard est le premier a dire qu'il y  un sens à cette complexité initié par bergson avec l'évolution créatrice mais lui est allé beaucoup plus loin. C'ets Teilhard qui a érigé cette notion de complexité en système.
Etant paléonthologue, il est parti du vivant où l'évolution se voyait assez bien à travers les différents philomes et il s'est dit, ce raisonnement ne s'applique-t-il pas depuis le Big Bang et en fait il s'applique parfaitement.Si vous prenez un atome, c'est pas tout a fait évident: comment l'atome est-il sorti de la soupe originelle en quelques minutes d'ailleurs, pourquoi ces électrons tournent autour, pourquoi il y a des quartz et ces noyaux ? Puis cette évolution est passée aux molécules et enfin aux cellules vivantes et c'ets là où teilhard avait commencé au fond et il a extrapolé sa vision de paléonthologue à l'ensemble de l'Univers et là on rejoint Trin Van Thuan et beaucoup de scientifiques.  Il n'a pas seulement cherché à écrire une histoire de l'Univers et de la Vie,il veut montrer qu'il y a une sorte de finalité à l'oeuvre dans la Nature.
PARLER DE FINALITE A L'OEUVRE DANS LA NATURE C'EST UN LANGAGE PHILOSOPHIQUE
Quad il dit il y a un point oméga qui attire la création vers lui, alors là on n'est pas du tout dans le domaine scientifique.
Le Teilhard avec la casquette scientifique,sa gabardine et son petit marteau qui va taper dans les rochers, s'arrête en disant : "Manifestement il y a une évolution qui va dans un sens donné."
C'est l'autre Teilhard, le théologien qui extrapole et essaye de faire le lien. 17'00  
Ce qui touche chez Teilhard de Chardin c'est sa sincérité, celle d'un homme qui a une foi extrêmement profonde, qui ne doute jamais mais qui néanmoins ne rejette pas d'un revers de la main les vérités scientifiques qu'il a pratiquées et qui cherche à établir un pont entre ces deux certitudes ouvertes et en évolution en accord avec sa pensée.
Il y a peut-être une puissance maîtresse et souveraine qui dirige cette évolution et c'est étonnant que l'Eglise ait empêché la publication de ses ouvrages de son vivant et qu'elle l'ait envoyé à l'autre bout dela terre pour trop développer ses idées en public.
Ce sont pourtant ces genres de personnes qui permettent à la religion de rester crédible.On était encore dans la lutte de l'"Eglise contre les idées modernes issue de Pie IX et cela a duré jusqu'à Vatican II qui a été profondément inspiré d'ailleurs par les idées de Teilhard.   
 Lecture de "Science et Christ" où il explique cette idée qu'il a de cette évolution dirigée par une finalité. Il ne dit jamais Dieu mais on entend bien qu'il y a une puissance intelligente qui fait se mouvoir la matière vers quelque chose de plus en plus complexe.
 " Il existe se propageant à contre courant à travers l'antropie une dérive cosmique de la matière vers des états d'arrangements de plus en plus centraux compliqués, ceux-ci en direction d'un troisième infini, infini de complexité aussi réel que l'infini et l'immense. Laissée assez longtemps à elle même sous le jeu universel et prolongé des chances, la matière manifeste la propriété de s'arranger en groupements de plus en plus complexes et en même temps de plus en plus sous tendus de conscience. La vie ne se diversifie pas au hasard en tous sens mais laisse voir un direction absolue de marche vers des valeurs de consciences croissantes. Sur cet axe principal, l'homme est le terme le plus avancé que nous connaissions. Si l'Univers a réuissi l'invraissemblable travail de faire naître la pensée humaine au sein d'un réseau qui nous paraît inimaginable de hasards et de mauvaises chances,c'est qu'il est au fond de lui même dirigé par une puissance souverainement maîtresse des éléments qu'il compose."
 Il pense donc au coeur de sa pensée qu'il y a une intelligence, intention pourrait-on dire, qui est à l'oeuvre dans tout processus d'évolution qui doit conduire jusqu'à l'homme.
 Teilhard a tenté d'expliquer sa pensée tout en restant dans le domaine de la philosophie.
Pour lui la conséquence est une montée de complexité. ce type complexité d'où vient-elle ?
Elle vient de l'assemblage d'éléments qui ont été faits à l'échelon de complexité inférieur. Il y a des atomes qui se sont assemblés entre eux créant des molécules qui s'assemblent et font des produits de plus en plus complexes et donc comme le dit la citation, il y a une tendance intrinsèque à la matière à s'assembler. Alors comment cela se passe-t-il ?
L'explication qu'il a donnée devient de plus en plus crédible car à son époque elle était réellement un peu éthérée, disons osée, c'est cette notion d'esprit matière autrement dit, il en vient à dire, il n'y a pas une dualité absolue entre la matière et l'esprit; la matière en quelque sorte sous-tend une certaine dose d'esprit.cela peut paraître à son époque un peu osé et fantaisiste,en fait ça l'est de moins en moins aujourd'hui.
 Aujourd'hui il y a les théories de l'information: on se rend compte que information, matière et énergie,sont les 3 éléments qui sont au coeur réellement de la matière. La notion de logiciel était floue à son époque. L'autre aspect porte sur les théories quantiques, aujourd'hui ondes ou corpuscules, on ne sait plus très bien ce qu'est la matière. Dobc cette conception de Teilhard d'esprit matière est quelque chose de plus en plus recevable sans qu'on ait tiré la quintescence de ce raisonnement mais cela devient de plus en plus recevable.
la complexité n'est pas une accumulation comme des rochers mais comme celle du cerveau humain qui est considéré aujourd'"hui comme le maximum de complexité disponible sur la terre et probablement dans l'Univers. La complexité ce sont des milliards de cellules,qui sont assemblées elles mêmes par des millions de connexions, ce qui fait quelque chose d'absolument considérable.
Ce qui est curieux pour un religieux, c'est qu'il y a presque une origine mécaniciste de l'esprit, en quelque sorte la matière secrète de l'esprit ce qui n'est pas très catholique.  L'évolution peut produire, sans l'aide de Dieu,par les mécanismes naturels, peut produire l'être humain dans sa complexité actuelle. " Dieu fait en sorte que les choses se fassent mais ne les fait pas lui même"  c'est là qu'il se démarque des promoteurs du dessein intelligent aux Etats Unis qui ont tendance à dire que dès le départ Dieu prévoyait que viendrait l'homme mais il a dû intervenir à des moments décisifs, comme l'apparitionde l'homme par rapport aux autres vivants pour créer un esprit spirituel. Pour Teilhard en revanche, l'esprit humain est le fuit d'un processus qui dure des milliards d'années.
Rien n'empêche cependant de penser mais on est dans l'extrapolation,que derrière le hasard, Dieu est là pour piper les dés mais ça nous ne le sauront jamais...
Il y a des citations où il n'est pas loin de ça c'est derrière la notion de providence. 
L'HOMME COMME CO-CREATEUR ?
La création a sucité un homme qui est aujourd'hui relativement libre. Chez les animaux, la création était dirigée, il n'y avait pas d'espace de liberté. Est arrivé un être libre qui raisonne, il peut ne pas suivre l'Univers et la Nature, il peut échapper aux lois de la Nature pourle meilleur et pour le pire donc il devient co-créateur.  
Autrement dit dans la conception de Teilhard, la création s'est attachée un auxiliaire qui est l'Homme.
DANS QUEL BUT DIEU AURAIT-T-IL  VOULU UN ETRE LIBRE ET CO-CREATEUR ?
Pour faire quoi ? Dans quel but ? C'est là que l'on rejoint la théologie., pour rejoindre Dieu. Comment voulez-vous qu'un être qui n'ait pas d'intelligence, qui n'ait pas de conscience, qui n'ait pas de liberté,puisse rejoindre le créateur qui par définition est libre. Cela rentre assez bien dans cette logique , c'est à dire que tant que la création n'a fait que des cailloux et des pierres,on ne voit pas très bien l'intérêt. le but de la création c'est nous en tant que co-créateurs qui peuvent faire des bêtises .
Le problème du mal est inséparable de celui de la Liberté.On a bien vu que la création doit par nécessité donner la liberté à l'homme. Alors pourquoi Dieu, et c'est tout le problème du mal,Dieu tout puissant parfait et bon a-t-il permis au mal de s'insérer dans le monde ? C'est un problème sans réponse, on trouve bien quelque acrobaties mais c'est assez limité.
Hypothèse 1- Dieu ne peut pas créer du parfait parce qu'alors il se referait. Il faut une distance entre lui infini et l'être créé
Hypothèse 2- Dieu a volontairement limité sa responsabilité pour nous laisser la liberté, en quelque sorte, c'est un Dieu en SARL et avons que c'est effrayant.
Hypothèse 3- Le christianisme insiste sur la faute originelle, une sanction posthume, nous sommes des anges déçus et nous payons les fautes commises jadis par nos ancêtres.Ce n'est pas très gai car on ne sait pas exactement qui a fauté.Adam et pourquoi pas Eve, on n'en sait rien. Pourquoi donc ce n'ets pas non plus une explication satisfaisante.   
Teilhard lui, propose cette explication que l'Univers n'est pas achevé,qu'il est en genèse, qu'il est en enfantement. Le mal serait donc un sous produit de l'inachèvement de l'évolution. Nous allons vers la perfection quand le monde aura réellement atteint les objectifs que s'est fixé le créateur mais en attendant disons qu'il n'est pas très confortable. Le problème du Mal et celui de la Création reste le problème fondamental.
On peut broder autour mais c'est un mystère. 34"
Teilhard était plutôt mécaniciste donc du côté de Descartes qui d'ailleurs était aussi un jésuite mais j'ai plutôt pensé à Pascal.
Teilhard met en avant le système de La primauté de la raison, de la pensée comme marques distinctives de l'humain ce qui renvoie au texte célébrissime de Pascal:"Le roseau pensant" et au texte de Pascal ou il parle de l'homme ange capable de penser l'infini et bête qui se conduit mal. "L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature.. mais qu'il sache l'un et l'autre".
 La pensée de Teilhard et celle de Pascal se rejoignent tout à fait. La différence viendrait seulement du niveau de connaissance acquise entre Pascal et teilhard ce qui permet à Teilhard de dire: "l'homme n'est petit que si l'on choisit certaines dimensions."
 Si on choisit les dimensions géométriques et le temps, l'homme est tout petit, c'ets un roseau et même bien moinspar contre si on considrère que les dimensions fondamentales de la création , c'est la complexité et c'est la pensée,et là je rejoins tout à fait pascal, à ce moment là, Teilhard a admirablement montré que l'Homme était le plus grand puisqu'il est l'aboutissement de plus achevé de la Création; Teilhard réhabilité l'homme et l'a replacé l'homme au centre du jeu.
 Rappelons que Pascal était scientifique et qu'il était pris dans cette même difficulté de faire se rejoindre son expérience scientifique et son expérience de la foi,la différence cependant est que Pascal au bout du compte est tragique, à un moment il pense qu'il faut abandonner la raison alors que Teilhard de Chardin est fondamentalement optimiste et qu'il croit absolument que la raison et la foi peuvent marcher d'un même pas.
 Teillard était bien éloigné des Jansénistes sous cet angle là. young teilhard
 TEILHARD PENSEUR OPTIMISTE ET CONFIANT DANS L'AVENIR ?
 Il est confiant pour deux raisons: d'abord parce qu'il croit en l'Homme, il croit que l'Homme a un potentiel tout à fait considérable,et ce potentiel ce n'est pas l'Homme en tant qu'individu, c'est l'étape suivante, c'est l'homme en tant que Société.
 Il croit que l'avenir de l'homme c'est la société et non pas l'évolution biologique de l'individu. Peut-être serons nous encore plus beaux, vivrons nous plus vieux, resterons nous éternellement jeunes, mais l'homme ne va que très peu évoluer. L'étape suivante pour Teilhard de l'évolution c'est la société.Au fond  quand il dit ça, il ne fait que reprendre ce qu'il a constaté depuis le début , en fait nous sommes les briques de l'étape suivante.
 Est-ce que l'étape de la société ne passe pas par l'évolution de la conscience des individus.Est-ce que ce n'est pas parce que les individus seront plus éclairés, plus intelligents, plus conscients plus évolués que les sociétés vont évoluer. 
 Le potentiel de la société dans la mesure où ce potentiel est bien coordonné, et tout le problème vous l'avez là,dans la mesure où tous les gens travaillent ensemble, où ils arrivent à établir entre eux des relations qui sont non pas d'ordre de coercition, Teilhard ne croit absolument pas à un gouvernement mondial mais qui sont de l'ordre au sens très large, de l'amour, de l'amitié de la camaraderie, (qui sont des sentiments individuels mais nécéssauire pour produire ensemble au lieu de penser seulement à soi) 
 Bien entendu c'est dans ces qualités que se manifeste le lien social, mais il faut que certains individus veuillent les développer. Vous mettez là le doigt sur quelque chose d'essentiel pour Teilhard , l'homme doit être optimiste, croire au progrès au sens large, l'homme doit croire en l'avenir, croire à sa finalité dans le sens de son existence.
 Et on le voit aujourd'hui, si les hommes ne croient plus à rien, "ils vont se mettre en grève". Ils ne vont pas vouloir continuer parce que le chemin qui est tracé par l'évolution est un chemin qui est rocailleux, ce n'est pas du tout un long fleuve tranquille, il y a donc des étapes diificiles à franchir et on ne les passera que dans la mesure où il y a un regain d'optimisme dans la création où les gens savent où ils vont.
 C'est le grand message de Teilhard.
 On a connu cette idéologie du progrès qui était très très forte au XVIIIè et au XIXè siècles, mais de manière assez matérialiste, assez positiviste, c'était l'idée que l'homme par les seules forces de sa raison allait progressivement créer un paradis terrestre,le bonheur sur terre dans des sociétés parfaites etc..Et puis on a eu le XXè siècle avec deux guerres mondiales atroces, avec Hiroshima, avec Aushwitz, et cette foi dans le progrès a reculé à partir de ces expériences. 
 QU'EST-CE QUI PERMET À TEILHARD EN TANT QUE POSITIVISTE ET HOMME DE FOI, DE CHRÉTIEN, DE CROIRE QUE L'HOMME,VA TOUJOURS ALLER VERS UN MIEUX.
 Qu'estce qui lui permet d'argumenter cette conviction ? 
 Il y a d'abord l'accroissement des connaissances et ensuite une raison plus théologique et philosophique,qui consiste à penser que si la création,l'univers,si le système d'évolution,qui préside à l'évolution du monde depuis le Big Bang,a toujours continué dans le même sens,c'est à dire avec cette montée de la complexité, cette montée de l'esprit, si depuis 14 milliards d'années ça n'a pas dérivé autant qu'on puisse le voir, pourquoi voulez vous penser que subitement ça dériverait ? C'est relativement peu crédible.Alors ça veut dire que le créateur a dû mettre, tout en nous laissant de la liberté, quelques garde fous assez larges mais sur lesquels on va se heurter et se faire très mal, mais l'un dans l'autre les choses vont continuer à avancer, et je ne vois aps pourquoi elles s'arrêteraient.
 QUEL EST L'ETAT DE SOCIETE A LAQUELLE IL CROIT ?
 Comment caractériser ce monde auquel il aspire et auquel il croit qui serait l'aboutissement de ce processus de complexité.
On peut répondre par la négative en disant ce que ne serait pas ce monde et là on sent très bien l'influence des deux guerres mondiales,qu'il a vécues de très près.
Pour lui un mone coercitif, autrement dit, faire marcher tout le monde dans la même direction par la force est quelque chose de tout à fait impossible et il donne une explication qui est presque d'ordre biologique. Il nous dit, quel a été le moteur de cette complexité, c'est bien la diversité, c'est par l'assemblage de briques extrêmement diverses,que l'on crée unautre élément. Dans la mesure où la société marche au pas cadencé, dans la mesure où il y aurait un gouvernement mondial,et qu'il n'y a plus d'espace de liberté,la créativité va disparaître, donc l'évolution va disparaître donc c'est absolument contre nature.
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut laisser partir les gens n'importe comment. Il faut que s'établisse entre les humains,et il y a là une part d'utopie sûrement,des forces d'un autre ordre,qui sont des forces d'amour, de confiance, d'amitié. Il faut que ces forces là prennent le pas sur les forces de coercition,relativement matérialiste, mais cela ne veut pas dire qu'il faille abandonné forcément le matérialisme,qu'il faille s'adonner aux Robespierre de la bougie ou à des gens comme ça. Il faut seulement apprendre davantage à être tous ensemble.
 COMMENT INSCRIT-IL SA FOI CHRETIENNE A L'INTERIEUR DE TOUT CELA ?             
 Qui est le Christ et qu'est-ce qu'il est venu apporter sur terre pour participer à ce processus de l'évolution ?
 Je renvoie à votre livre "Comment Jésus est devenu Dieu" de Fredéric Lenoir où vous avez remarquablement montré qui était Jésus.C'est devenu avec Constantin un dogme, il y a là un espace, c'est difficile de répondre sans choquer.. (silence)
 Je pense que Teilhard a une visiondu Christ extrêmement ouverte: pour lui il parle du Dieu cosmique,c'est une toute autre dimension que, je cite Teilhard : "le christ des bénitiers " dont il parle quelque fois. Qui est le Christ, c'est le fils de Dieu officiellement. Est-ce que ce Dieu cosmique dans l'évolution est venu éclairer les consciences, il vient donner une semence qui va permettre à l'humanité de progresser vers les valeurs les plus fondamentales, une meilleure maitrise de sa liberté ?
 La parole du Christ a fait évoluer les choses,on ne peut pas le nier. Mais pour Teilhard il y a entre le Christ et Oméga (le point vers lequel se dirige l'évolution) une similitude tout à fait frappante. l'Oméga c'est l'attracteur de l'évolution.
 L'IDEE TRES ORIGINALE ET MODERNE DE NOOSPHERE
 La "noosphère" est un terme utilisé par Teilhard pour désigner l'aboutissement de l'évolution. C'ets à partir du moment où il y aura une sphère parfaitement unifiée, d'êtres humains qui eux mêmes s'appréciereront et penseront à Oméga, une sorte d'unanimité entre les Hommes ce n'est pas ce qu'on constate aujourd'hui.
 Cela vient du mot "noos" qui est l'esprit, l'intelligence,et cela veut dire qu'il y a une sphère de l'intelligence collective,qui rejoint un peu l'idée d'inconscient collectif de Jung sauf que ça le connote de manière positive à travers cette idée que la pensée va vers toujours plus de progrès. La "noosphère" telle que Teilhard l'utilise c'est un aboutissement.   


Lire les correspondances inédites de  Maxime NEMO avec

le Père TEILHARD DE CHARDIN avant son départ pour les Etats Unis et les confidences qu'il lui a faites sur son exil  et le devenir de ses oeuvres .

Les entretiens ont eu lieu Rue Monsieur le Prince à Paris en 1948. Nemo2


 Lire également l'article de Maxime NEMO : Présence de Teilhard de Chardin dans la revue EUROPE de 1965.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 17:36

Discothèque Maxime NEMO (Paris)

BACH

Concertos Brandebourgeois N°1 à 6

Orchestre de chambre de Stuttgart Dir. Karl Münchinger Decca EXT 5198-99

BACH

L’Art de la Fugue (enregistrement intégral aux Semaines Musicales de Royaumont)

Orcehestre de chambre Pro Arte de Munich (Dir. Kurt Redel)

Ducretet Thomson Lag 1075-76   Texte de Roger Cotte

BARTOK Béla

Musique pour cordes, percussion et célesta

Orchestre du Concertgebow d’Amsterdam ; Dir. Edouard Van Beinum Philips L004332

BARTOK 6 Quartets et 6 quatuors par le Ramor Quartett (Encyclopédie de la musique de chambre. VOX / VBX 19)

BARTOK

Concerto pour orchestre & Cantata Profana

Orchestre pro musica de Vienne , Dir. Heinrich Hollreiser.

BARTOK

Children and Womens Chorus ; Dir. Miklos Szabo (Hungaroton SLPX 1290)

BEETHOVEN

Concerto pour piano  N°3 Opus 37

Sonate N°7 en ré maj;N°8 en Ut min “Pathétique”;n°15 en ré maj. « Pastorale » ; n°23 en fa min. Apassionnata ; N°19 en sol min. ; n°20 en sol maj. N°24 en fa dièse « A Thérèse » ; N°26 en mi bémol « Les Adieux » ; N°27 en mi min ;

Piano : Wilhelm Kempf. (DGG)

Sonates pour piano n°28 op.101 et n°29 op.106 par Yves NAT (EMI C061/109 30/31)

Neuf symphonies : n°3,5,7,9  par Wilhelm Furtwaengler, Orchestre philarmonique de Vienne.

Concerto N°5 en mi bémol maj. Op.73 Piano : Edwin Fisher- The Philarmonia Orchestra.

Quatuor à cordes N°13 en si bémol op.130. Quatuor de Budapest (CBS S.72101)

Quatuor N°14, 16, 15 en la mineur op.132 . Quatuor de Budapest (Philips A01-198L/ A01 199 L)

Concerto pour violon par Christian ferras, Royal Philarmonic Orchestra Dir. Sir Malcolm Sargent.

Missa Solemnis Dir H.von Karajan Berliner Philarmoniker avec Gundula Janovitz et Christa Ludwig.

DEBUSSY

Quatuor en sol mineur ; Quatuor Loewenguth (DGG 18312)

MOZART

Quatuors N° 16 & 17 ; Quatuor à cordes de Budapest (Philips A 01202 L)

Concerto pour piano et orchestre n°17 KV 453, n°21 KV 467 Piano : Andor Foldes (DGG LM 18487)

Concerto pour piano et orchestre n°20 K.466 et n°23 K 488 par Clara Askil piano et Orchestre symphonique de Vienne (Philips A 00315 L)

RAVEL

Quatuor en fa majeur, Quatuor Loewenguth (DGG 18312)

L’œuvre pour piano2 : Sonatine, Pavanes, Valses nobles, Miroirs. Piano : Walter Gieseking (Columbia EMI 30027)

L’œuvre pour piano par Samson François Pathé Marconi 1967 (2904483/PM375)

L’œuvre pour orchestre : Boléro, Valse, Rapsodie espagnole) Dir. André Cluytens (Columbia FCX 913)

Pavane pour une infante défunte ; Dir. Charles Munch Orchestre symphonique de Boston.

Concerto pour la main gauche et Concerto en sol majeur par Daniel Wayenberg (Piano Pleyel) Orchestre Théâtre des Champs Elysées Dir. Ernest Bour.

 

ROUSSEAU

Le devin du village par l'Orchestre de chambre Louis de Froment

(Janine Michaeau (Colette) Nicolaï gedda, Michel Roux.  (PATHE DTX 211)

Le devin du village Orechestre de chambre Roger Cotte

Bernard Cottret , Ana Maria Mirand (Colette) serge Wilfart (Colin)(ARION ARN 38 157

 

 

STRAVINSKY

Le chant du rossignol Orchestre du Concertgebow d’Amsterdam Dir. Eduard Van Beinum (Philips L 00433 L

 

THEATRE EROTIQUE de la rue de la santé

Anthologie sonore de théâtre libertin Exemplaire numéro 802. Critère. Roland Douatte.

Texte de présentation d'Henri Monnier. L'Enfer de Joseph Prudhomme (La grisette et l'étudiant - les deux gougnottes )

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:26

 

TITRE :   Un dilettante des lettres Maxime Nemo (1888-1975)

Auteur : Patrick Y CHEVREL

PLAN

Préface

Qui était Maxime NEMO ?

 

Chapitre I

 

Enfance perdue    (1888- 1890)

-        Naissance tourangelle : « Pour se perdre, hommage aux aïeux »

L’enfant prodige (1890  1908)

-        De Jean Clarétie à Henri de Régnier

-        De Sarah Bernhardt à la Reine Victoria

L’acteur  (1910 – 1914)

-        Le Théâtre du Château d’Eau avec Louis Jouvet

 

Annexes 1

 

Chapitre II

Le fondateur de « l’Ilôt »  (1920 – 1939)

-        La décade prodigieuse à travers la France 

-        Les cycles s’enchaînent : Conférences et témoignages sur « les fêtes de l’esprit »

-        La découverte du Maghreb (Algérie –« Alger Etudiant », Ibsen en Tunisie)

-        Le Mareynou en Dordogne (poèmes inédits)

-        Le Château Simone à Aix (témoins)

-        Art et Action avec Louise Lara

-        Autour de « Clarté » et « Monde » avec Barbusse et Bloch

 

 Annexes 2

 

 

Chapitre III

Un Journal  inédit (1939 – 1941)

-        « La nouvelle vie »

-        Autour de la revue Europe avec JR Bloch (La Mérigote )

-        Autour de René Gosse à Grenoble (la Villa Bérangère)

-        Un Tour de France malgré tout

-        Nouvelle vie clandestine 

 

Annexes 3

 

Chapitre IV

 

Le passeur de Rousseau (1947 – 1975)

-        La Société Rousseau de Montmorency

-        L’Association Jean Jacques Rousseau (Mauriac, Gide, Colette, Herriot, Carco, Bloch,…)

-        Correspondance avec Teilhard de Chardin

-        Le Bicentenaire de Rousseau

-        Le 250è Anniversaire de la naissance de JJ Rousseau (1712 -1962)

-        Colloque de Royaumont -1964 - 

-        Contact étrangers : Citoyen du Monde -Europe : Allemagne, Pologne, Italie, Angleterre , Uruguay , Japon...

 

Annexes 4.1

Annexes 4.2

       Chapitre  V

 

Nemo et la science

-        Jean Rostand

-        Jean Cuisenier

-        François le Lionnais

-        Docteur Jacques Ménétrier

-        Docteur Ernest Kahane

-        Docteur Jacques Borel

-        Jacques Monod et l’Institut Pasteur

 

        Chapitre VI

 

NEMO et la Poésie

-        Paul Valéry

-        Henri de Régnier

-        Ernest Perochon

-        Henri Vendel

-        Francis Jammes

-        Emile Verhaeren

-        Charles Vildrac

-        Pierre Menanteau

-        François Eon

-        Recueils inédits de poésies


Chapitre VII

 

Nemo et la Musique

-        Jean Richard Bloch et la musique

-        Georges Duhamel et la musique

-        Roger Cotte et les Opéras de Rousseau

-        Gilbert Houel et l’Orchestre National (Libération de Paris à l’ONF à la Rochelle)

-        De Wagner à Stravinsky : une discothèque idéale


Annexe : la discothèque de Maxime Nemo

 

Chapitre VIII

 

La bibliothèque itinérante

-        Les livres perdus

-        Fonds Poésie

-        Fonds Théâtre

-        Fonds Philosophie

-        Fonds germanique

-         

     Chapitre  IX

 

Les lieux   d’une vie

-        Scènes de la  retraite nantaise

-        La demeure de l’oncle de Victor Hugo …

-        Le « logis Chamborant » du Commandant

-        « Rousseau La paix la vie »  de Claude Sérillon.

-        Avec E.M  Cioran à bicyclette

 

 

     Chapitre   X

 

Les silences d’une vie…

-        Les silences sur son enfance « subie »

-        La descendance Claude et Christian Baugey

-        Antoinette Pègues (1909-1935)

-        La découverte du Maghreb (Poèmes Tozeur et Vers la Casbah )

-        La découverte de l’Allemagne d’avant guerre (Le Dieu sous le Tunnel)

-        L’Occupation

-        Hommages posthumes à Yvonne Nemo (amis proches et lointains ; Dansel et le Père Lachaise)

-        L’anonymat : ou comment l’on passe de Renou (un des pseudonymes de Rousseau)  à Baugey (nom du père adoptif) puis à « Nemo » nom de scène puis de plume.

-        La voix captée par les archives de l’INA : Conférences de « Radio Paris 1937 » aux entretiens de 1949 et 1962 sur Rousseau

 

Chapitre XI

 

Les contradictions d’une époque

-        Le refus de l’engagement politique

-        Les sphères d’influence : Vichy (Luchaire ) anticléricalisme (Mauriac et Teilhard)  (socialisme (SFIO, R.Gosse, L. Chirac, E.Testut ), communisme (JR.Bloch)

franc maçonnerie, gaullisme( R.Capitant ) ,protestantisme (E.Perochon)

-        Quel Occident ? Dans le sillage de P.Valéry ou de H. Massis.

Un récit inachevé : « Occident Terre de l‘homme »

 

Chapitre XIII

NEMO sur le Net

 

    

Conclusion 

-        Un parcours insaisissable à la poursuite d’un Humanisme forcené

 

Remerciements :

-        Du Bicentenaire au tricentenaire

-        Index des personnages cités

-    Envois et dédicaces de et à Maxime Nemo


Bibliographie NEMO

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:25

Remerciements

 

Je voudrais particulièrement adresser mes remerciements à tous les témoins que j’ai pu contacter, comme la famille Testut de Razac sur l’Isle en Dordogne où les Nemo louaient le Mareynou et où furent écrits de nombreux textes lettres et poèmes dans les années 20-21, ; La famille Rougier du Château Simone à Meyreuil, où la famille Baugey-Nemo fut locataire au Montaiguet ; la famille Destouche qui se souvient de son illustre ancêtre de Troyes à Haïti, la famille Vendel et les héritiers du poète Henri Vendel; Madame Jeanne Debenest petite fille d’Ernest Perochon ;  

 Le poète Robert Guichet qui fut le trésorier de l’Association JJ Rousseau jusqu’en 1975, le Professeur et traducteur Horst Schumacher de l’Ecole Polytechnique et l’Université de Lyon III, qui est hélas décédé à Paris en mars 2011 et n’aura pas pu témoigner comme il le souhaitait si vivement sur ses étroites relations avec son ami Nemo.

Les Amis des Escholiers et d’Henri Davignon à Annecy, Daniel Lérault pour les Amis de Han Ryner, Frédéric Caby pour  les Amis d‘Henri Barbusse, les Amis de JR Bloch dont Philippe Niogret et surtout Alain Quella-Villéger à Poitiers, Marie Anne Roger de l’Association des amis de Teilhard de Chardin, Florence Berthoux et Françoise Colin pour la Société des auteurs de Bourgogne ; Sabine Coron, directrice de  la Bibliothèque Jacques Doucet pour le fonds Cioran, Nelly Kuntzman Conservateur en chef des Bibliothèques de l’Université de Provence, Marie Gabrielle Soret du département arts et Spectacles de la Bibliothèque Nationale de France (Richelieu) , France Chabod sur le Fonds Jean Bouhier à la Bibliothèque universitaire d’Angers ;Françoise Lagnau, responsable du pôle Littérature de l’Université de Lyon et du Fonds René Thomas Coële,  André Parisot , Directeur du centre Charles Péguy d’Orléans, Léon Strauss et  Françoise Olivier, spécialistes de l’Histoire de l‘Université de Strasbourg ;  Laurence Robin Bibliothécaire à Montmorency, Pierre Frédéric Charpentier, Historien des intellectuels de l’entre deux guerres ; Patrick Louvier, Historien à l’Université de Montpellier III Paul Valéry ;Olivier Prat Historien spécialiste du dialogue franco-allemand de 1919 à 1945 ; Maria Chiara Gnocchi de l’Université de Bologne pour sa grande connaissance des Editions Rieder et de Marcel Martinet, Paul Tutrone de la Bibliothèque de Neuchâtel, Danielle Bonnaud Lamotte, Chercheur au CNRS pour les heures passées à Marseille et à Paris sur un dossier jamais refermé sur l’entre deux guerres et sa parfaite connaissance du monde de Barbusse et de Péguy ; les bénévoles du CERMTRI de la Bibliothèque Gérard Bloch Paris Xè, pour le temps passé à rechercher des revues prolétariennes improbables du début du siècle ; Claire Paulhan de l’IMEC, Jean Pierre Louis des Editions du Lérot ; Edmond Thomas des Editions Plein Chant ; Fabrice Picandet de l’indispensable Blog egide sur André Gide ;

Tous les services municipaux de l’Etat Civil à Rodez, Dijon, Aix, la Roche sur Yon, Tours, Paris et les archives Départementales.

Sophie Bachmann et Anne Pavis des services des Archives sonores de l’INA et les équipes de Tolbiac.

Je ne pourrais hélas remercier de leur aide tous ceux qui auraient sans doute voulu témoigner  dans ce livre qui vient hélas trop tard, sans doute parce que le temps m’a jusqu’ici manqué pour déchiffrer toutes ces archives familiales enfouies dans un grenier ; que leurs mémoires soient ici saluées dans mes évocations et surtout pour tous ceux que j’ai connus lors de leurs séjours en pays nantais à  La Crétinière, à Paris, au siège de l’Association JJ Rousseau, ou lors de périples européens, je pense ici à EM Cioran. 

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:25

CONCLUSION

 

« II faudrait au fond trois vies la première pour étudier, la deuxième pour jouir, et la dernière pour contempler. Ne me demande pas à quel stade j'en suis. L'effroyable est que je sais n'avoir qu'une vie. Alors je mêle tout. Quel gachis! »

Raphaël Lévy, héros du roman : Un Dieu sous le Tunnel (M. Nemo- Rieder Editeur -1927)

 

Après ce voyage dans le temps entre XIXè et XXè siècle sur les pas d’un inconnu pour beaucoup, sans doute faudrait-il relire les témoignages et remerciements de celles et ceux qui ont eu la chance de croiser un homme exceptionnellement ouvert à l’Autre, profondément humain et désireux de faire partager une expérience acquise et une passion immodérée pour les cultures dans un monde doux et amer pour paraphraser Suares. Tous ces témoins célèbres, inconnus  ou anonymes parfois, étudiants, enseignants, écrivains, poètes, journalistes,  sont venus témoigner de leur rencontre qui avec « l ’enfant prodige » qui avec le conférencier qui avec le philosophe de la cause rousseauiste et ont fait part de ce moment privilégié qu’ils ont eu de croiser la parole d’un grand humaniste.

Sans vouloir trahir les leurs, je voudrais ici répercuter l’unanime hommage à l’émotion et à l’enthousiasme de l’apôtre de ces manifestations artistiques ou fêtes de l’esprit où l’on célébrait le beau. « Vous vous répandez en province et je vous en félicite : vous n’y trouverez pas des foules, mais de fervents adeptes. Tant d’âmes ardentes y vivent dans le gris quotidien qui voudraient se réchauffer au soleil de l’art. Venez à elles, faites vous connaître et vous serez étonnés d’être compris… presque aussi bien qu’à Paris. Je vous y aiderai de mon mieux » écrivait l’Inspecteur d’Académie  d’Aurillac le  9 mars 1920.

« Je me rappelle vos représentations et vos conférences d’Agen (Le cloître de Verhaeren, Othello, etc ?) Vous m’avez gagné alors à vos conception et je vous ai su un gré infini de seconder notre effort pour ouvrir les âmes de nos fils et de nos filles à des formes nouvelles du sentiment, du beau. Ici à Bordeaux soit au lycée de jeunes filles, soit à l’école normale d’institutrices, vous avez toujours été grandement goûté et vous y êtes toujours impatiemment attendu.

Votre roman « un dieu sous le tunnel » vous a révélé à moi sous un aspect nouveau, encore que dans votre manière large d’envisager les grands et solidaires problèmes de la paix et de la démocratie, j’aie reconnu cette âme généreuse qui ne croit pas cesser d’être française en s’élargissant par delà les contingences, les préjugés, et les délimitations arbitraires.

Maintenant, vous formez le projet de réunir autour de vous quelques esprits libres de tous pays pour assurer le salut de l’esprit européen. Je voudrais avoir la force de vous y aider ».

L’inspecteur d’Académie de la Gironde  O.Auriac  - Bordeaux le 10 février 1929

Parmi les quatre vingt lettres reçues par sa veuve en septembre 1975, difficile d’en choisir une de Lise Jules Romains à Emil Cioran ou  Claude Lévi Strauss, toutes célèbrent l’intelligence et le cœur du disparu évoquant une anecdote toujours émouvante.

« C’était un écrivain de talent, un homme de cœur, une manière d’apôtre. Je me souviens du temps où sa parole, toujours bien gouvernée et stimulante, enrichissait la réflexion de nos élèves-maîtres. Je me souviens de son enthousiasme pour la pensée de JJ Rousseau. De ses ferveurs, que ses œuvres originales, prolongent. » Pierre Menanteau le 20 septembre 1975.

La poétesse Denise Laborde, amie de toujours a écrit de Sceaux en 1975 :

 In memoriam

Vers quels chemins inconnus de nos pas

S’est-il éloigné

Lui

Le vivant entre tous les hommes

Avec ses yeux et ses paroles de lumière

Et nous ne pouvions croire à son départ

Et sans fin nos regards cherchaient

A retrouver sa trace

Sa présence impérissable au creux du monde

Et voici qu’elle nous était rendue

A la mesure de la terre bien aimée

Puisqu’elle vivait maintenant de son souffle

Que ses arbres et ses ciels

Palpitaient respiraient de sa propre vie

Multipliée à leur image

Et telle qu’il en avait pour jamais

Inspiré l’enchantement.

Denise LABORDE

 (Sceaux, septembre 1975 )

 

 

 Il y a aussi des mots qui touchent par leur sincérité, émanant, du jardinier, des métayers, de ses médecins, dentistes, de  voisins anonymes…

Yvonne Nemo répondit à Michel DANSEL qui venait de  consacrer un article à Maxime NEMO dans son ouvrage sur le Père Lachaise (1)

Monsieur,

J'ai pris connaissance, il y a quelques jours de l'article que vous avez consacré à notre ami, Maxime NEMO, dans votre ouvrage "Au Père Lachaise".

Je prends la liberté de vous remercier pour avoir si justement rappelé "le profond témoignage d'existence" qu'il apportait. Susceptible d'apprécier toutes les richesses de la nature et de faire partager ses émotions à ceux qui l'approchaient, il avait une vision  métaphysique de l'univers qui engageait ses interlocuteurs à franchir des étapes, guidés en cela par sa culture philosophique dont l'expression poétique facilitait l'approche.

Vous rappelez avec raison sa définition de la vie envisagée comme "une vibration continue".

Nul mieux que lui n'était apte à en percevoir les nuances les plus subtiles;

Yvonne NEMO

(1)   AU PERE LACHAISE, Son histoire, Ses secrets, Ses promenades, par Michel Dansel, chez Fayard, Paris 1973 -1976.

Aujourd’hui, les derniers témoins de cette formidable aventure ne sont plus, ni ceux des débuts au théâtre, ni ceux de la période aixoise, quelques rares témoins à Meyreuil au Château Simone, à Razac sur Lisle en Dordogne ou à Paris peuvent attester de sa personnalité  fantasque  au charme  irrésistible. Il reste sa voix conservée dans les archives de l’INA dans des documents de 1947 (mais ses conférences de 1937 n’ont pas été enregistrées). Les premiers clichés datent de 1898 disant l’Aiglon devant la Reine Victoria, ses rencontres avec Loti ou Sarah Bernhardt dorment hélas dans des archives et sans doute pour toujours.  

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  • : La biographie détaillée de Maxime NEMo (1888-1975) secrétaire général de l'Association JJ Rousseau de 1947 à 1975 . Nombreux textes inédits.
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