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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 23:14
Cardinal Anatole de Cabrières 1830-1921
Cardinal Anatole de Cabrières 1830-1921
  • L'évêque de Montpellier a entendu le jeune NEMO au Collège du Sacré Coeur.de Montpellier.. Il serait heureux que la sympathie des personnes instruites et distinguées s'attachât à ce petit Tourangeau et lui permit un jour de consacrer ses belles facultés, déjà pleines de promesses, à la défense des grands principes religieux et sociaux si nécessaires à la prospérité de tous les Etats et particulièrement à la nation française.
  • A.-R.de CABRIERES
  • Evêque de Montpellier
  • NB; Evêque de 1874 à 1911 puis Cardinal de 1911 à 1921

    Nommé évêque de Montpellier par décret en date du 18 décembre 1873, préconisé le 16 janvier 1874, il est sacré à la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes le 19 mars suivant2. Il est créé cardinal le 27 novembre 1911 au titre de S. Maria della Vittoria

    En 1907, lors de la grande manifestation viticole de Montpellier, il fait ouvrir les portes de la cathédrale et celles des églises de la ville pour permettre aux viticulteurs grévistes d’y passer la nuit. Royaliste légitimiste, il fut un ami de Frédéric Mistral, des félibres et de l'écrivain Paul Bourget. Il est le dernier cardinal légitimiste français. De par ses convictions, il ne se mêle jamais aux cérémonies du 14 juillet et célèbre toujours en personne la messe du 21 janvier3.

    Il a reçu la Légion d'honneur au titre du ministère de l’Intérieur (Journal officiel du 18 août 1921) qu'il accepta après l'avoir refusée en 1890.
    Armes
    Armes de Mgr de Cabrières à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier

    D'azur au chêne arraché d'or et enganté du même.

  • NB2: Le Collège du Sacré Coeur de Montpellier est construit en 1877

LE CARDINAL DE CABRIERES

A la fin de l'année 1921, la Société d'histoire ecclésiastique a perdu en la personne du cardinal de Cabrières celui qui était sans aucun doute son doyen, comme il était le doyen de l'épiscopat français et du collège cardinalice. ·Elle ne pouvait manquer de s'associer au deuil. universel provoqué par cette disparition que·l'on qualifierait volontiers de prématurée, tellement J'illustre défunt avait gardé, malgré ses quatre-vingt-onze ans révolus, un aspect d'étincelant jeunesse. Le Général. cardinal' était un de ses membres ·les plus anciens et les plus fidèlement attachés, ce qui déjà nous avait. obligés à lui consacrer une notice· dans cette revue, mais on ne saurait oublier aussi le rôle, désormais historique, qu'a joué ce grand prélat dont le président Millerand a pu dire en une . phrase lapidaire : « Pour les fidèles c'est un grand évêque ;pour nous tous c'est un grand Français. » A ce ·titre surtout ses traits méritaient d'être fixés dans une revue consacrée à l'histoire de l'Eglise de. France. La carrière ecclésiastique du cardinal montpelliérain s'est déroulée avec une simple et grandiose unité : il a franchi l'un après l'autre les degrés du cursus honorum, sans. que la Providence ait cessé un instant de lui sourire. Né à Beaucaire, le 30 .avril 1830, d'une famille de vieille noblesse, François Marle Anatole de Rovèrié de .Cabrières fit ses études au collège de l'Assomption à Nîmes, où de bonne heure on le remarqua tant pour la distinction de. son esprit très porté vers les études classiques fUC pour l'élévation de son âme attirée déjà vers le mysticisme. Entré au séminaire de Saint ­Sulpice en 1848, il en sort, ordonné prêtre, au mois de septembre 1853. Il succède, en 1855, comme directeur de l’Assomption, au père d'Alzon, son ancien maitre qui l’avait marqué de sa forte empreinte, puis devient en 1869 le secrétaire particulier de l'évêque de Nîmes, Mgr Plantier, qui à son tour exerça sur lui une large influence. Le 18 septembre 1874; âgé seulement de quarante-quatre ans, il est nommé évêque de Montpellier ; en 1890, à l'occasion du sixième centenaire de l'Université, il reçoit de Léon XIII le fJallium ; en1911 enfin il est élevé par Pie X à la dignité de cardinal prêtre de la sainte Eglise romaine, au titre de sainte Marie de la Victoire. Dix ans plus tard!, le1 décembre 1921, il s'éteignait aussi doucement qu'il avait vécu. On lui prédit un jour qu'il passerait à la postérité sous le titre de « cardinal des étudiants ». Il. n'est plus vrai et il se plaisait à dire que cette appellation lui avait été au cœur. Le développement qu'a pris récemment à Montpellier l'association des étudiants catholiques a été une des dernières joies de sa vie. Il se plaisait à assister à ses diverses réunions, à y retrouver· certains maîtres catholiques qu'il honorait· de son amitié et dont il encourageait les travaux, à s'entretenir surtout avec cette jeunesse ardente au. bien et à donner libre cours, en des entretiens familiers, aux sentiments qui débordaient de: son cœur resté jeune. Nul ne peut. se flatter. d'avoir connu vraiment le cardinal qui ne l'a vu s'épancher, simple et souriant sous sa pourpre, avec l'élide la jeunesse montpelliéraine. Une des joies ultimes de sa vie a été certainement de recevoir. à l’évêché, à l'occasion du congrès général des étudiants réunis .. à Montpellier en nov. 1921, plus de cent jeunes gens, venus de tous les pays, qui lui. avaient exprimé le désir de le saluer et à qui il confia en quelque sorte son testament intellectuel. Etudiants français et étrangers ont emporté un impérissable souvenir de· cette audience au cours de laquelle ils purent apprécier tout à la fois l'intelligence si profonde, si pénétrante et si actuelle de ce grand prince. de l' Eglise, ses dons d'à propos, sont affabilité extrême dont·il donna une preuve touchante en se faisant présenter nommément les diverses délégations et en ayant pour chacune d'elles· le mot qu'il fallait. .La paternelle affection du cardinal de Cabrières s'étendit aussi aux étudiantes. Peut.-être a-t-il été un peu surpris tout d'abord de l'invasion des Facultés par les jeunes filles ; elle ne répondait pas à la -conception qu'il se faisait du rôle de la femme. Ici encore il sut s'adapter à cette situation nouvelle et il patronna la fondation à .Montpellier d'une association catholique d'étudiantes dont il fut même:, pendant la guerre, le premier aumônier. Dans la chapelle ou dans le salon de l'évêché quelques jeunes filles, d'abord au. nombre de trois, puis de plus en plus nombreuses, se réunissaient autour de son Eminence et puisaient dans sa parole apostolique des directions pour la règle et l'orientation de leur vie. professionnelle. Lorsque, le nombre des étudiantes catholiques continuant à s'accroître, l'association eut. pris corps et qu'il fallût, non sans regret, lui désigner un aumônier, le cardinal ne voulut pas s'en désintéresser totalement t un dimanche par mois il y eut la « messe du .cardinal·» à l'issue de laquelle se perpétuèrent les causeries spirituelles d'autrefois. Chaque année aussi Mgr de Cabrières continua à célébrer la messe d'ouverture et à présider l'assemblée générale de fin d'année, sorte d'examen de conscience dont l'évêque tirait les conclusions.

Augustin FLICHE

Revue d'Histoire de l' Eglise de France Tome 8 N°41 -1922

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