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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:31

Les Editions AGONE ont republié "CULTURE PROLETARIENNE" de Marcel MARTINET (1887-1944) Ces 185 pages publiées en 1985 définissent les positions de cet écrivain syndicaliste engagé contre la Guerre 14 mais aussi homme de théâtre, poète et journaliste dans MONDE et l'HUMANITE.

Son chemin devait naturellement croiser celui de Maxime NEMO qui dans la Correspondance entre JR BLOCH et M.MARTINET qui s'étale de1911 à 1935 et réunie par Haruo TAKAHASHI en 1994 (Editions de l'Université Chuô-Japon) est décrit dans une lettre de JR BLOCH à M.MARTINET datée du 3 septembre 1925 comme : "acteur à la manque, tourniste de gauche pacifiste du genre esthète, illuminé et brasserie de Montparnasse à la fois" (sic)

Quand Marcel MARTINET recommande à son ami JR BLOCH le premier roman de Maxime NEMO "Un Dieu sous le Tunnel" (Ed Rieder-1924) sur l'Allemagne, ce dernier reconnaît ne pas s'attendre à "un bouquin d'une telle densité" et le remercie du conseil. On verra plus tard lorsque l'amitié NEMO/BLOCH se renforcera par une solide correspondance et des séjours la Mérigote près de Poitiers que le nouveau Directeur des Editions Rieder puis d'Europe changera son jugement pour de l'admiration dans ses dédicaces envers celui qui avait tant à lui apprendre.

"Comme toutes les époques d'écroulement social, la nôtre pourrait être également une époque de reconstruction. Cela dépend des hommes. Mais il faut que ces hommes soient des hommes : non des machines, non des soldats, non des esclaves. Il faut que chaque individu soit une personne libre et voulant accomplir le maximum de son destin dans une société riche qui permettra à tous les hommes ce maximum d'accomplissement. La révolution prolétarienne, c'est cela. Pour qu'elle triomphe, il faut que les hommes appelés à sauver le monde en se sauvant eux-mêmes, il faut que les hommes de la classe ouvrière s'instruisent et s'éduquent, méditent et développent leur capacité ouvrière et sociale. Pour acquérir cette culture nécessaire, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes : " Ni dieu, ni césar, ni tribun. "

SamA27 novembre 2010
Livres 5.00/5
L'oeuvre de Marcel Martinet mérite mieux que son oubli actuel. Syndicaliste révolutionnaire opposé à l'Union sacrée, écrivain (Les Temps maudits rassemblent des poèmes pacifistes publiés en Suisse en 1917), cet intellectuel qui refusa de « parvenir » pour lier son sort à celui de la classe ouvrière s'est posé en continuateur de Fernand Pelloutier. Dans Culture prolétarienne (1935), il critique le militantisme de caserne (« Une propagande qui récite et qui fait réciter (…) est une trahison, trahison de l'homme et immédiatement trahison du prolétariat. ») et invite la classe ouvrière à se réapproprier collectivement la critique sociale en formant des groupes de travail et de réflexion. Martinet étant un ascète pour qui l'engagement se marie mal avec le dilettantisme et le refus de la culture de soi, il en fait également une démarche individuelle car « la pensée naît de la solitude, (…) voilà un égocentrisme obligatoire et sans quoi l'individu ne sera jamais qu'un suiveur d'autres individus ou de collectivités, et le jouet des circonstances ». Rejetant le mépris dont sont victimes les classes populaires (mépris leur déniant toute faculté d'analyse politique), Marcel Martinet affirme sa confiance dans la capacité créatrice de « ceux d'en bas ». de quoi faire de Culture prolétarienne un livre de combat toujours aussi pertinent.

Christophe Patillon
Le Monde diplomatique, 03/2004

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